Débat d'Orientations Budgétaires 2017

Le 21 octobre, les élus régionaux ont débattu des orientations budgétaires 2017. Julien Vaillant et Brigitte Vaisse se sont faits porte-parole de la Gauche.

 

Intervention de Julien Vaillant

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

 

Difficile de donner un cap précis à une collectivité nouvelle qui doit inscrire sa jeune histoire dans un monde en mutations.

Difficile de répondre à une double injonction contradictoire :

- Permettre une transition respectueuse de nos territoires et de leurs acteurs.

- Permettre une cohésion par un mouvement clair, efficace et déterminé qui assure l’unité du Grand Est.

 

Cela nécessite réflexion, concertation et détermination. Nous en sommes conscients.

C’est pour cela que nous participons activement aux différentes commissions, groupes de travail ou instances de pilotage permettant l’écriture de ce qui doit être notre nouveau récit commun.

 

Je pense ici notamment au SRDEII qui doit être une ambition économique qui cherche à convaincre plutôt qu’à contraindre.

Pour nous, ce DOB est l’occasion de prouver que le Grad Est est une région qui propose et non qui impose.

Et c’est là notre premier regret.

 

1/ Un flou volontaire est entretenu pour maintenir l’ambiguïté sur la suppression de dispositifs. Parfois en commission le préjugé l’emporte sur une évaluation saine et posée de nos différentes politiques publiques. + partenaires.

Nous souhaitions, pour notre part, que la région soit conçue comme l’addition des réussites des uns et des autres et non comme l’imposition du dogme de l’un sur les autres.

C’est sur un discours de la méthode que vous étiez attendu, Monsieur le Président.

 

Notre débat ne doit pas être un concours entre comptable mais bien se situer sur le champ politique : Comment pour exister, le Grand Est peut-il écrire un récit commun, qui soit de nature à le fédérer ?

Voilà pour te rassurer, chère valérie, un élément essentiel qui et bien éloigner du discours de division de M.Philippot.

Cette histoire commune ne saurait être celle uniquement celle des vainqueurs et encore moins celle d’une partie d’entre eux.

 

2/ Et c’est là notre second regret :

Vous avez évoqué M. le président « un budget de vérité ». concept révélateur d’une psychologie. Il n’y a pas une vérité M. Richert. Nous aurions préféré un budget pour fédérer.

Nous sommes d’accord, M.Richert, pour dire que ce budget ne doit pas être l’addition des trois anciennes régions. mais il ne doit pas non plus être l’imposition d’un modèle sur les autres.

Oui vous êtes sur le terrain mais en qualité de missi dominici d’un style qui était le votre lorsque vous étiez président de la seule alsace.

Collectivité nouvelle, compétence nouvelle et malheureusement, méthode ancienne.

Comment allez-vous réussir à unifier demain dix départements avec une méthode qui a échoué hier à en fédérer deux ?

Vous vouliez éviter le bloc contre bloc. Vous allez lui substituer « Territoire contre territoire » (par exemple le haut débit).

L’enjeu est grand car derrière la devanture de votre modèle, c’est à un vrai risque de fracture territoriale que vous nous exposez.

 

La stratégie budgétaire peut être partagée. Surtout s’il s’agit de poser les cadres d’une discipline budgétaire qui soit de nature à permettre le maintien dans l’avenir de nos marges de manœuvres en matière d’investissement (chiffres) et de préserver nos capacités d’autofinancement.

 

La pente naturelle pourrait être une baisse de l’épargne brute et la hausse de l’endettement. (Dotations d’Etat, nouvelles compétences).

Il y a l'opportunité d’unir cet hémicycle autour d’une juste et belle bataille : sur la recherche aujourd’hui d’une plus grande autonomie fiscale (difficulté avec vos propres amis) et avancée sur la part de TVA (impôt dynamique) et sur la possibilité demain de disposer d’un réel pouvoir normatif, seul garant de l’affirmation du fait régional et donc de cette république des territoires à laquelle nous aspirons presque tous."


Intervention de Brigitte Vaisse

 

"Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

 

Je veux intervenir sur la partie du DOB concernant la formation professionnelle et l'apprentissage.

 

S'il est un sujet directement lié avec la compétence développement économique de la région, c'est bien celle de la formation et de la qualification des personnes en vue de leur insertion professionnelle dans nos entreprises.

 

Les grandes orientations présentées dans ce document peuvent difficilement être contestées, mais c'est leur mise en œuvre et leurs déclinaisons concrètes qui sont aujourd'hui source d'interrogations et d'inquiétude pour les partenaires concernés.

 

Nous avons besoin de lisibilité, telle qu’annoncée dans votre préambule, et de précisions sur les mises en œuvre.

Un grand service public Régional de l'Orientation avec qui et quel pilotage? Les acteurs de ce champ sont-ils tous prêts à s’investir ?

 

Actions de promotion des métiers et des emplois? Cela passe aussi par un travail partenarial avec les acteurs de l'entreprise (et j'en profite pour regretter très fortement la baisse du soutien Régional au salon à l'envers (ELN) de Thionville, salon rassemblant des entreprises qui a largement développé la dimension transfrontalière et européenne ....

 

Des outils vont être mis en place, dites-vous, dont un nouveau cahier des charges régionales et territorial.... Pour quels les objectifs, avec quels moyens mis en regard ?

 

Vous évoquez les Missions Locales dont le rôle ne peut être réduit à de l'orientation professionnelle... leur financement sont assurés en 2016, incertitude qui demeure pour 2017...

 

On se réjouit que le Portefeuille numérique LORFOLIO, mis en place par le Conseil Régional de Lorraine, soit étendu au Grand Est, comme l’adhésion au Plan 500 000 formations initié par le Gouvernement socialiste.

 

Concernant justement la formation professionnelle continue, vous parlez de rationaliser des formations en amont de la qualification, de simplifier des relations contractuelles et d'optimiser des moyens.... on connaît ces formules mais chacun est en droit de se demander quelles sont les intentions réelles et concrètes derrière ces affirmations.

 

Sur l'apprentissage, dont vous voulez faire une voie d'excellence et qui apparaît comme l'alpha et l'oméga de votre politique jeunesse, il y a un vrai travail de promotion et de valorisation de cette filière à entreprendre envers tous les publics ... en contradiction avec votre volonté de l'orienter prioritairement vers les jeunes éloignés de l'emploi comme vous le précisez dans ce document. Ce sont malheureusement ceux qui aujourd'hui, ont justement le plus de difficultés à rentrer dans cette filière. On constate dans les 5 CFA du Nord Mosellan que ce sont les filières de niveau 4 et 5 qui sont en nette régression alors que celles de niveau 3 et plus sont en forte progression. J’ajouterais quil serait bon que l'on ait aussi un discours incitatif vers l'apprentissage envers les femmes. Soyez incitatif pour promouvoir ce dispositif auprès des entreprises. Nous considérons que c'est une responsabilité partagée du Conseil régional et du monde de l'entreprise. Comment faire en sorte de ne pas être obligé de fermer des sections d'apprentissage dans les lycées faute de candidats ? Alors que le besoin c’est la réalité d’aujourd’hui ! (cf: La Briquerie avec la section de radioprotection...)

 

Vous évoquez la aussi une rationalisation du nombre de CFA et une redéfinition des conditions de leur financement. Voulez-vous fermer des CFA? Lesquels sont inutiles aujourd'hui? Est-ce ainsi que vous comptez pallier des carences géographiques que vous évoquez ? Comment faire évoluer les formations pour répondre aux besoins de ceux qui seront les entreprises de demain ? Et en particulier dans le domaine numérique ?

 

Concernant les formations sanitaires et sociales, ou en est l'application du schéma élaboré avec les partenaires en Lorraine? Est-il remis en cause? Là encore l'inquiétude et le manque de visibilité sur les intentions du nouvel exécutif régional questionnent les acteurs, comme s'en est fait l'écho le doyen de la faculté de médecine lors d'un récent conseil de surveillance du CHR...

 

En résumé, des intentions mais dont on peine à voir ce qu'elles signifient concrètement... un vocabulaire, je cite: "optimisation, rationalisation, adaptation, redéfinition des conditions de financement,...." qui génère inquiétude et questionnements sur l'avenir des dispositifs et auprès de ceux qui les portent ou en sont bénéficiaires. Il faut de la confiance entre les partenaires pour relever ensemble le défi de la formation et de l'emploi dans cette Région.

 

L'avenir nous éclairera sur vos intentions..... mais compter sur nous pour être très attentifs."

 

 

 

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