La Décision Modificative du budget 2016 signe le désengagement de la Droite !

Le 21 octobre 2016, Rachel Thomas a dénoncé la Décision Modificative concernant le budget 2016 qui signe le désengagement de la Droite de P. Richert dans les domaines économiques, touristiques, mais aussi culturels et sportifs ! Rachel Thomas et Diana André se sont exprimées sur le sujet.

 


Intervention de Rachel Thomas

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, Mes chers collègues,

 

La décision modificative de ce jour porte en effet sur 1% du budget primitif 2016 : modeste en volume, Monsieur le Vice-président, l’a rappelé.  Vous la présentez, Monsieur le Président, essentiellement sur des caractères d’ "ajustements techniques et de justesse", je reprends vos propos.

 

Pour autant, la décision modificative est beaucoup plus marquante et signe les désengagements opérés dès 2016 par votre majorité sur des champs de politiques majeurs qui présagent la définition de vos orientations politiques pour les années à venir et traduisent les désaccords exprimés en commissions par les élus de notre groupe.

 

Je m’appuie sur quelques exemples, vous annulez 7M€ en AP, 23,5M€ en AE pour le développement culturel et 3M€ en AE pour le sport.

 

 

Pour le justifier dans votre avant-propos d’ouverture de séance, par la suppression de la clause de compétence générale. Nous considérons que c’est méconnaitre tout ce secteur qui, véritablement, est un vecteur d’emploi, créateur de richesse, de lien social et de dynamique territoriale indispensable au vivre ensemble dans le Grand Est.

 

Sur le plan économique alors que les nouvelles régions et la nôtre, se voient confiées de nouvelles compétences par la loi NOTRe, et particulièrement le champ économique. Monsieur Warsmann vient de nous détailler l’état des lieux des chantiers à engager, les défis à relever.

 

Nous constatons une annulation d'emblée d'autorisation de programme de 37M€ sur le plan économique pour notre Région et 12M€ d’autorisation d’engagement.

 

Plus que jamais, la priorité de notre nouvelle collectivité doit être la poursuite des chantiers engagés par les trois anciennes régions, sur la construction d'un écosystème économique favorable axé sur la société de la connaissance, impliquant l'ensemble des acteurs et mobilisant les moyens nécessaires, afin de répondre à ce défi.

 

Je cite ici un exemple, important, qui a été un levier d’action: c’est le Pacte lorrain. Je rappelle son résultat, salué par la presse, il y a quelques jours de cela : 550 projets accompagnés, 2850 emplois créés et le maintien 5278 emplois. Alors en effet, cet outil stratégique concerté démontre à la fois la nécessité à agir autour de chantiers comme celui-là.

 

Et pour autant, nous dénonçons avec force depuis des mois l’absence de mobilisation et d’animation des dispositifs économiques existants en 2016. Et cela va véritablement au détriment des acteurs, qui sont en finalité, les grands perdants. Cette annulation est un mauvais signal envoyé à l'ensemble de nos partenaires économiques.

 

Dans la liste de ces annulations d'autorisations de programme figurent une suppression de 11,5M€ pour le développement touristique, soit 45 % du budget primitif voté !

 

Nous constatons que cette filière économique majeure soit devenue pour votre majorité une variable d'ajustement budgétaire. Nous ne pouvons que le dénoncer.

 

Cette coupe sombre est inadmissible dans la période actuelle, où les acteurs du tourisme souffrent d’une conjoncture défavorable (perte économique, fragilité du secteur de plus en plus concurrentiel), ils ont plus que jamais besoin de l'accompagnement de la collectivité régionale en qualité de « chef de file ».

 

La mise en place d'une stratégie d'investissement, la structuration, la diversification et la qualification de l'offre touristique, la valorisation des métiers du tourisme et le renforcement de la formation, la mise en place d'une stratégie cohérente de marketing et de promotion de la destination Grand Est restent des orientations à poursuivre et à améliorer nécessitant des moyens budgétaires à la hauteur de la réalité économique de ce secteur générant des retombées éco et de l'emplois non délocalisables. Cela a été traduit par les trois observatoires économiques dernièrement.

 

Sur ce questionnement, en commission tourisme, nous avons deux sujets qui nous ont été évoqués et renvoyés en fin de commission.

 

Ces 11 M€ de suppression d’AP correspondent à un diminution d’investissement sur Madine et Chambley. J’aimerai quand même avoir quelques explications Monsieur le Président.

 

Nous dénonçons votre méthode, qui est celle de poser plutôt en concurrence les filières économiques, plutôt que la complémentarité à construire."

 

 


Intervention de Diana andré

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

 

Le développement économique, effectivement, une compétence à part entière des Régions et au court de cette décision modificative beaucoup d’inquiétudes et beaucoup de questionnements.

 

Je voudrais revenir sur l’annulation de 37 M€ dans le champ économique, dont 11,5 M€ dans le domaine touristique et évoquer en même temps le pacte de ruralité.

 

On aurait pu croire que les territoires ruraux seraient l'objet d'une attention particulière.

Or, on constate, avec un exemple très parlant, que ce n'est pas forcément le cas.

 

Je veux évoquer le site de Madine, pour lequel il a été décidé une pause dans les investissements, pour définir, dit-on, un véritable projet.

 

Des équipements sont à rénover, des structures sont à construire et la Région Lorraine ne s'y était pas trompée, en voulant un développement pour une offre de qualité.

 

Sous son impulsion, le site a repris pied, a repris vie. Et c'est tout le territoire proche qui est en bénéficie, avec au-delà des emplois directs, des dizaines d'emplois induits qui font vivre le territoire.

 

Le brutal arrêt de tout investissement augure mal de la volonté réelle de soutenir les territoires ruraux.

C'est toute une économie qui est impactée : hébergement, restauration et services divers...

 

Le projet, réfléchi, porté et partagé entre partenaires et population, existe bel et bien et ne vous convient pas... C’est dommage.... Le site se retrouve en stand-by faute d'une politique volontariste en direction d'un territoire rural. Faute d’une véritable ambition.

 

Casser une dynamique de projet, c'est aussi casser une dynamique de territoire.

Rien que cet exemple montre qu'il y a loin, entre la volonté affichée et les actes.

 

Les assises de la ruralité qui se sont déroulées cette semaine en Meuse ont donné le coup d'envoi d'une vaste concertation... C'est donner l'impression au citoyen qu'il est décideur...

 

Si les millions d'euros en direction des petites communes ont pu faire illusion et satisfaire ces collectivités, et on peut le comprendre, ils sont l'arbre qui cache la forêt. Encore une politique d'affichage qui ne peut occulter les décisions déjà prises. Une philosophie d'intervention qui ne nous convient pas.

 

C'est pourquoi, nous ne voterons pas cette Décision modificative."

Écrire commentaire

Commentaires: 0