Aides aux associations : une régression inacceptable !

Aujourd’hui, lors de la séance plénière de la Région Grand Est Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, une nouvelle politique d’aide à l’emploi associatif a été adoptée. Considérant le caractère régressif de cette nouvelle politique, les élus régionaux de Gauche n’ont pas voté cette mesure, après avoir dénoncé fortement l’abandon des associations par la Majorité régionale.

 

Les associations sont des composantes essentielles de la vie sur les territoires, vecteur de lien social, favorisant le vivre ensemble et

source d’emplois non-délocalisables. Dans la période de crise que notre société traverse, chacun mesure l’importance de recréer du lien entre les citoyens, les associations ayant toute leur place dans cette ambition.

Concernant l’aide à l’emploi associatif, la Droite du Grand Est a pris la décision de plafonner l’aide régionale à 20 000 € sur 3 ans pour un temps plein, alors qu’elle pouvait atteindre 32 000€ sur trois ans en Lorraine et 20 000 € par an en Champagne-Ardenne. Pour la Gauche, c’est inacceptable !

 

Cette décision est une régression majeure, marquant ainsi une rupture historique dans le soutien au développement des projets associatifs. Elle fait par ailleurs peser une menace réelle sur l’emploi et la capacité des associations à assurer la cohésion sociale sur l’ensemble des territoires.

 


Intervention de Bertrand Masson

"Monsieur le Président,

 

Je veux d’abord et spécifiquement intervenir sur le dispositif Grand Est emploi associatif en réaction à ce que Madame Catherine Zuber nous a présenté.

 

Vous avez placé votre intervention sous le signe de la fraternité, voilà ceux qui nous rassemblent et qui est un bon point de départ sur notre échange et devrait nous permettre de sortir ensemble de cette discution.

 

Vous avez raison, ma chère collègue, qu’en ces temps particulièrement difficiles, où les tensions dans notre société sont parfois exacerbées, et j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de le dire dans cette enceinte ; le soutien aux acteurs du monde de l’Economie Sociale et Solidaire, le soutien aux acteurs associatifs, souvent bénévoles, doit être une priorité absolue de notre assemblée.

 

Nous ne pouvons pas en la matière nous payer de mots, avoir des discours et ne pas les transformer en actes concrets !

 

Or, Madame, ce que vous nous avez présenté n’est pas tout à fait conforme à cette ambition. Et au contraire, j’ai le regret de vous dire que nous avons largement le sentiment que ce dispositif fait l’objet d’un ajustement uniquement guidé par les contraintes budgétaires.

 

Il y a deux problèmes dans ce dispositif :

 

D’abord un nivelement par le bas de l’aide à l’emploi associatif. Le nouveau dispositif que vous présentez se substitue notamment au dispositif qui existait en Lorraine « Lorraine emploi », qui permettait d’accompagner les associations jusqu’à 32 000€ sur 3 ans, et au dispositif qui existait en Champagne Ardenne « ProgrESS », qui permettait d’accompagner les employeurs jusqu’à 20 000€ par an et par emploi.

Aujourd’hui, vous nous présentez un dispositif réducteur qui n’accompagnera les employeurs qu’à hauteur de 20 000 € sur 3 ans. C’est une régression extrèmement importante qui aura de nombreuses consquences dans un milieu associatif déjà extrèmement fragile.

 

Le deuxième problème que je veux évoquer plus rapidement, c’est au débotté, dans cette délibération, l’annonce subreptice de la suppression des dispositifs « Irelis projets et manifestations » sans que l’on sache si un autre dispositif remplacera à terme ces aides, qui sont vitales pour nos associations et notmament les plus ruraux ou en zones urbaines sensibles. C’est le sens d’ailleurs de notre amendement : ne supprimez pas ce dispositif sans que nous sachions véritablement vers quoi nous allons !

 

Et aujourd’hui vous disiez, Madame, ne pas vouloir faire de trous dans la raquette ; en voilà un de trou, qui est béant ! Et qui là aussi aura d’importantes conséquences pour l’ensemble de notre territoire.

 

Monsieur le Président, avant que nous votions ce dispositif, il est encore temps de changer un certain nombre de mesures que vous nous présentez. Il n’y a pas d’urgence absolue. Si nous votions ce dispositif en l’état, ce serait une regression pour l’ensemble du mouvement associatif et de l’économie sociale et solidaire dans notre région. Ce serait surtout une régression en matière de cohésion sociale et je ne peux imaginer que vous approuviez cet état de fait.

 

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