Reprise des TET par la Région : l'urgence d'une stratégie régionale de coordination des transports

Lors de la séance plénière du 18 novembre 2016, la reprise des Trains d'Equilibre du Territoire par la Région Grand Est a été actée. Pernelle Richardot est intervenue pour rappeler la nécessité d'établir urgemment une stratégie régionale en matière de mobilité, traduite par l'élaboration d'un schéma de coordination des transports ferroviaires, mais aussi routiers, aéroportuaires et portuaires. Olivier Girardin a ensuite abordé l'explication de vote du Groupe socialiste concernant les TET.


Intervention de Pernelle Richardot

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

La reprise des TET, comme prévu, Madame la Vice-Présidente le rappelle ici, par la plateforme commune d’engagements État – Région ; trop longtemps laissés en déshérence, maillons faibles de notre système ferroviaire, permet de réaffirmer qu’ils sont une composante essentielle pour la desserte de nos territoires et peuvent représenter une opportunité économique pour le développement du Grand Est à condition cependant de porter toute une stratégie de correspondances TET/TER.

 

Monsieur le Président, pas plus tard qu’hier – dans les colonnes du Républicain Lorrain – vous déclariez en matière de développement économique qu’il fallait - je cite - « Une stratégie et une orientation globale » ; Ce qui est vrai en matière économique l’est tout autant  – Monsieur le Président – en matière de transports !

 

 

Force est de constater qu’aujourd’hui, sur cette question, sous votre impulsion, nous travaillons à l’envers... Commission après commission, nous prenons des décisions au fil de l’eau, de manière déconnectée des stratégies économiques, d’aménagement du territoire, déconnectée des SRDEII et autre SRADDET en cours d’élaboration.... sans vision, sans stratégie, sans orientation globale et sans cohérence dans les prises de décisions des différents acteurs.

 

Or, face aux enjeux d’attractivité économiques, d’aménagement et d’équilibre de nos territoires, aux enjeux environnementaux, nous avons besoins – de manière urgente – d’identifier les évolutions et les besoins en transports et en déplacements, d’une organisation cohérente entre les différents modes (route, rail, fluviale...) et d’un moyen pour anticiper les évolutions futures.

 

Avoir une vision, une stratégie, Monsieur le Président, c’est par exemple modéliser une solution de mobilité globale combinant lignes de bus, TER et covoiturage sur l’ensemble des zones frontalières du Rhin supérieur et de la région Grand Est. C’est imaginer des modèles - jamais expérimentés en France -  en développant un service public de mobilité professionnelle transfrontalier pour répondre (comme vous le soulignez fréquemment) aux gisements d’emplois qui se trouvent de l’autre côté du Rhin...

 

 

Enfin, je souhaiterais qu’on nous explique – en l’absence de toute discussion politique autour de l’élaboration d’un schéma des mobilités - quel sera le positionnement du Grand Est dans la réflexion et la préparation de l’expérimentation de l’ouverture à la concurrence, puisqu’il paraît que Régions de France engage dès à présent ses réflexions.

 

 

J’en profite pour rappeler ici - à celles et ceux qui feindraient de l’oublier -  que le problème central du système ferroviaire français n’est pas son degré d’ouverture à la concurrence, mais bien celui de son financement et des investissements consentis. C’est bien ce sous-investissement constant qui explique principalement plusieurs écarts de performance entre les réseaux européens et non l’archaïsme des cheminots ou le poids des syndicats comme le laissent entendre certains.

 

 

A entendre vos homologues de Droite, notamment Christian Estrosi, on a l’impression que cette ouverture à la concurrence réglera demain  tous les problèmes.  Alors en l’absence de tout lieu de discussion à ce sujet, je me permets quelques questions :

  • En quoi les nouveaux opérateurs seront plus efficaces que la SNCF ?
  • Qui viendra assurer un service sur les lignes déficitaires qui, je vous le rappelle, étaient avancées dans le rapport GRIGNON ?
  • En quoi les nouveaux prestataires auront-ils le souci du service public et de l’aménagement du territoire ?

Devant les enjeux, parce que le calendrier s’accélère et qu’on ne peut attendre 2019-2020, je souhaiterais, Monsieur le Président, que l’ensemble des conseillers régionaux – comme d’ailleurs le CESER que vous oubliez parfois, si j’en crois la presse régionale – puisse rapidement se saisir de ce nouveau défis pour le ferroviaire en Région.

 

Je vous remercie."

 


Intervention d'Olivier Girardin

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

 

Vous allez voir pourquoi je fais une explication de vote. Je l’ai dit en commission alors je vais le répéter publiquement : c’est une bonne négociation. Techniquement, c’est une bonne négociation. Les questions qui ont été soulevées par les uns et par les autres, plus ou moins brutalement, avec plus ou moins de caricatures, qui restent pertinentes, on l’a évoqué en commission.

 

 

De même, je vous remercie, Monsieur le Président, de la transparence dont vous avez fait preuve à l’instant, mais ça reste un pari car nous sommes face au désengagement de l’Etat et, Antoine Homé tout à l’heure vous rappelait que les conditions dans lesquelles les engagements de l’Etat se développaient, ou pouvaient se développer demain, n’étaient pas forcement assurées. Mais c’est un pari qu’il faut faire Monsieur le Président, donc nous vous suivrons là-dessus.

 

Vous me permettrez simplement de vous dire qu’en ces matières, et c’est le sens de mon propos, il faut avoir certes l’optimisme de la volonté, mais aussi le pessimisme de l’intelligence, pour paraphraser Monsieur Gramschi.

 

 

Je terminerai  cette explication de vote  en ayant une pensée  et en rendant hommage au travail  de l’ancien Président de Champagne-Ardenne qui s’est beaucoup investi sur ce dossier. D’ailleurs une partie des éléments clés de la négociation à  laquelle nous arrivons aujourd’hui  sont aussi le résultat du travail qu’il a mené avec ses équipes. C’est un travail en continu, c’est aujourd’hui un pari que nous lançons. Nous l’assumerons pour le Groupe Socialiste.

 

 

Je vous remercie."

 

 

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