Budget lycées et apprentissage 2017 : la victoire aime l'effort.

La conseillère régionale Hélène Colin (88) a défendu notre position sur le budget 2017 dédié aux lycées et à l'apprentissage.

 

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

« LA VICTOIRE AIME L'EFFORT », écrivait un grand poète latin.

 

Et, en effet, que d'efforts assidus, d'interventions répétées, d'acharnement, il aura fallu au Groupe socialiste pour obtenir que les aides Lycéo et Multipass+ soient conservées sur le même principe d'universalité, même si je déplore que ce dispositif n'ait pas été généralisé tel quel à l'ensemble de la Région.

 

Sa reconduction s'opère en parallèle d'un déploiement progressif du manuel numérique et, si l'on peut saluer cette volonté de sortir de la fracture numérique, on peut toutefois évoquer les limites auxquelles se borne cette ambition : à commencer par l'état actuel des infrastructures réseaux, qui n'offre pas aujourd'hui un égal accès à l'outil numérique à tous les jeunes de notre Région.

 

Dès lors, comment assurer la réussite de ce « Plan numérique éducatif », celle de la scolarité des jeunes du Grand Est, si la Région leur impose un manuel numérique qui n'est pas opérationnel partout ?

 

Et puis, je veux aussi vous faire part de l'inquiétude légitime des parents d'élèves et de leurs représentants quant à – je cite - « la mise en place d'un fonds numérique pour faciliter l'accès des lycéens les plus défavorisés aux micro-ordinateurs portables personnels ». Quid des critères d'éligibilité à cette aide, d'une part, et d'autre part du montant de cette aide, ô combien cruciale pour des familles qui n'ont sûrement pas toutes la possibilité d'acheter un ordinateur portable à chacun de leurs enfants scolarisés ?!

 

Je souhaite enfin relayer une dernière préoccupation liée, celle-là, au Dispositif d'Intégration Vers l'Apprentissage (DIVA), mis en place en 2011 en Lorraine.

 

Là encore, je reste sur ma faim. Si l'on peut se satisfaire de l'extension de ce dispositif à l'ensemble de la nouvelle Région, et donc de la reconnaissance de son efficacité, on ne peut malheureusement que déplorer qu'il ait été vidé de ce qui faisait précisément son efficacité : je veux parler de la bourse mensuelle de 150€ qui était attribuée, en Lorraine, à chaque jeune intégré au DIVA.

 

Quand on connaît les difficultés d'insertion rencontrées par les jeunes qui n'ont pas réussi à trouver un maître d'apprentissage, et les risques importants d'exclusion du système éducatif, on sait que la question économique et financière est absolument cruciale pour eux.

 

Or, les acteurs de la formation (les CFAs, les Missions locales, …) craignent que vous ne remettiez en cause l'existence de cette bourse, hypothéquant ainsi toutes les chances de sortie positive pour les jeunes choisissant le DIVA.

 

Il nous a certes été indiqué, en Commission, qu'il serait recherché la possibilité de le coupler avec une entrée dans la Garantie Jeunes. Je me permets d'émettre ici des doutes sur cet hypothétique alliage, qui ne pourra de toute façon pas être généralisé à l'ensemble des jeunes du DIVA, créant de facto une disparité entre eux. Il y aura ceux qui pourront bénéficier de la Garantie Jeunes et ceux qui, déjà en situation difficile et précaire, n'y auront pas droit et, pour cette raison, feront le choix d'abandonner la voie de l'apprentissage.

 

Alors, oui, on peut faire des incantations longues et passionnées sur l'apprentissage, mais ce qui compte, ce sont les actes. « L'homme est ce qu'il fait », c'est vous-même qui nous l'avez rapporté.

 

Il est vrai qu'on nous promet, par la voie d'un ancien Premier ministre aujourd'hui candidat à la Présidence de la République, de supprimer des postes d'enseignants, de torpiller leur formation, de réduire l'investissement éducatif, ou encore de surcharger les classes.

 

Ne vous joignez pas à ces convictions, ne cédez pas aux sirènes du déclin, ne succombez pas à ces vieilles recettes de l'ignorance.

 

Permettez la réussite de tous les élèves, assurez l'efficience de l'enseignement secondaire et confortez l'apprentissage comme véritable voie d'excellence, en tenant compte de tous les éléments qui participent effectivement à l'insertion des jeunes et en acceptant d'avoir cette vision transversale pour mieux y répondre.

 

En attendant, en l'état actuel des éléments qui nous sont présentés, nous voterons contre. J'espère, Monsieur le Président, trouver face à moi une oreille attentive et respectueuse… qui finisse par entendre les préoccupations des acteurs de l'apprentissage et des lycées. « UN INSTANT DE PATIENCE EST DÉJÀ UNE VICTOIRE »

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    AUBEL claudine (vendredi, 16 décembre 2016 00:16)

    Bien dit.Reste à savoir si Monsieur le Président entend le messagz !