Notre position sur le Schéma de Développement Economique, d'Innovation et d'Internationalisation (SRDEII)

Julien Vaillant (54) a abordé le Schéma Régional de Développement Economique, d'Innovation et d'Internationalisation pour le Groupe socialiste.

 

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

Je tenais à expliquer en cet instant que nous ne participerons pas au vote du SRDEII, tout simplement dans l’attente d’un contenu plus définitif sur la base du calendrier qui a été rappelé par mon collègue, et dans le cadre d’une démarche dans laquelle nous sommes pleinement associé, je tenais à le souligner.

 

Nous mettons cependant la focale sur trois points.

 

Le 1er est l’enjeu du calendrier. Vous évoquiez tout à l’heure, la question de l’urgence économique. Nous avons le sentiment qu’une hiérarchie des régions est en train de s’installer. Notre fusion est sans doute le chantier le plus complexe de l’ensemble de ces nouvelles régions dans un contexte qui lui-même n’est pas toujours facile: un tissu industriel plus sensible à la crise que d’autres, une faiblesse de notre croissance démographique, un enjeu fort sur la hausse, demain, du niveau de qualification de nos concitoyens. Et c’est l’un des désaccords que nous avons avec vous, Monsieur le Président, quand vous dites que les fondations sont solides et bien en place.

 

Nous pensons que l’édifice politique, administratif et économique reste fragile pour des raisons, y compris parfois, qui nous sont externes.

 

Il faudra donc être vigilant, je le dis à ceux qui animent la démarche du SRDEII à ce que « durant les travaux, la vente continue », cela nous paraît important.

 

Je souhaitais insister aussi sur un deuxième point: l’impératif d’assurer une visibilité de notre démarche filière et de notre démarche Usine du Futur. Je ne partage pas du tout les propos de l’intervenant du Front National qui dit que nos entrepreneurs ne nous attendent pas là-dessus et en n’ont pas besoin. Le cap est pour eux souvent difficile à franchir et vous avez rappelé ce qui est la réelle nature du Front National, c’est-à-dire un libéralisme débridé et non pas le discours un peu masqué que pouvait avoir Florian Philippot tout à l’heure.

 

Cette Usine du Futur, je crois, nous permettra de forger une culture d’entreprise qui sera la marque de fabrique du Grand Est. C’est quelque chose auquel nous croyons beaucoup si justement nous arrivons à rendre le concept accessible. C’est-à-dire que derrière ce mot, c’est la mobilisation des technologies nouvelles, la robotique, l’impression 3D, le numérique, la réalité augmentée et le Big Data. Nous croyons beaucoup en cette démarche qui, tirera vers le haut des activités qui sont peut-être moins intensives technologiquement, je pense notamment aux activités autour de l’artisanat.

 

Je voudrais enfin aborder une question qui nous paraît stratégiquement essentielle, c’est la question de la gouvernance du SRDEII. Il est bien évident qu’au regard des moyens financiers directs, sur lesquels nous avons déjà beaucoup échangé et qui sont finalement relativement faibles comparativement aux enjeux et aux chantiers qui sont devant nous. Nous sommes plus dans une logique d’influence et de convictions de nos partenaires que de pouvoir descendant. Nous avons de ce point de vue la une responsabilité d’entrainement à deux niveaux : d’abord, sur le terrain, je pense à tout le travail que nous devons poursuivre et qui était déjà engagé par les uns et les autres autours des chaînes d’appuis et d’accompagnement, c’est-à-dire la transmission/reprise d’entreprises notamment mais au-delà aussi nous devons accepter d’épouser la complexité du sujet. On doit se doter des moyens nous permettant d’avoir un pilotage sur l’ensemble des écosystèmes locaux d’innovations et de développement économique, c’est ce que Jean Rottner appel le pilotage à 360°. On peut là aussi avoir un léger désaccord, je pense qu’il faut aller au-delà des métropoles et des agglomérations, nous avons 248 EPCI pour 12 agglomérations et 2 métropoles donc il faudra voir comment élargir le spectre.

 

Enfin, parce que je manque de temps, je pense qu’il faut arrimer fortement le SRDEII aux autres démarches portées par la Région. Je ne prendrais qu’un exemple: la question du CPRDFOP. C’est fondamental de lier nos filières économiques et la formation professionnelle, derrière c’est un débouché pour les Régions, demain, sur la compétence emploi et la capacité, pour nous élus de rendre compte auprès de nos concitoyens sur nos résultats en matière de lutte contre le chômage."

 

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