Séance plénière budgétaire - Intervention liminaire de Pernelle Richardot

Pernelle Richardot (67) a introduit la séance plénière pour la Gauche. Voici son intervention.

 

Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

Avec près de 3 milliards d'euros, nous sommes là, et de loin, face à la première collectivité du Grand Est !

 

Le budget qui nous sera présenté sur ces deux jours est le signe de la consolidation de la région Grand Est, comme collectivité qui – progressivement - acquiert les moyens de ses ambitions.

 

Ce budget est - par extension – faut-il vous le rappeler ici, le reflet d'une forte volonté du Gouvernement de Gauche de faire monter en puissance les nouvelles régions :

  • 2017 = fonds transitoire de 450 millions d’euros pour permettre aux régions de financer leurs compétences sur le développement économique.
  • 2018 = future fraction de TVA.

 Vous parlez d'un budget qui "créé les conditions d’une nouvelle cohésion régionale, seule à même de donner corps, unité et identité à l’ensemble Grand Est" ... Bravo ! Mais comment alors comprendre les propos, souvent officieux, parfois officiels, de certains membres de votre propre majorité qui annoncent, dès maintenant, le retour à la région Alsace si François Fillon venait à être élu Président de la République ? Quelle est aujourd'hui la cohérence de votre exécutif, plus largement de votre famille politique, Monsieur le Président ?

 

Au-delà des mots... des envolées lyriques et des actions de communications, où sont les actes, Monsieur le Président ?

 

En matière de lisibilité des grandes orientations, on passera notre tour ... :

- assurer la cohésion territoriale ;

- développer une stratégie de compétitivité

- déployer une dynamique d’excellence et d’attractivité

- mettre en place une action territorialisée et proche des citoyens.

 

Trop, très, technocratique ... tellement technocratique, tellement évasif, que je me suis d’abord demandée si nous n’étions pas simplement en train de rejouer le débat d’orientation budgétaire du mois dernier... Un an après, ce dont la région Grand Est a besoin, ce n’est pas d’empiler les dispositifs (souvent initiés d’ailleurs par cet affreux Gouvernement socialiste que certains vouent aux gémonies... le plan 500 000 formations, la reprise des TET, l’accès à apprentissage jusqu’à 30 ans...), ce dont la Région Grand Est a besoin (aujourd’hui plus que jamais), c’est de politiques publiques ambitieuses – territorialisées – qui lui permettent de « faire région » tout en retrouvant de véritables dynamiques territoriales.

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Cette région Grand Est, nouvelle dans son périmètre et ses attributions pouvait être l'occasion de s'adresser plus directement aux citoyens, être l'occasion de rénover un peu les manières de présenter un budget, de le débattre ... l’occasion d’imaginer et de porter ensemble des batailles communes et d’inventer une nouvelle gouvernance ; Bref en somme, d'inscrire cet exercice technique et politique important, dans une autre manière de faire de la politique.

 

« Faire région », Monsieur le Président, nous oblige – vous oblige - à arrêter de segmenter, de cloisonner....

 

« Faire région » nécessite de la lisibilité et de la clarté. Le Grand Est ne doit pas être une collectivité de gestion, mais bien un véritable partenaire, visible, identifié et identifiable pour soutenir et accompagner des projets stratégiques qui permettent de changer (à terme) le quotidien des gens. Souvenons – nous, souvenez – vous Monsieur le Président, du 6 décembre 2015 !

 

« Faire Région » ne peut se résumer à l’exercice qui consiste à ménager quelques barons locaux, les susceptibilités des territoires des uns et des autres ou de préparer quelques ambitions individuelles nationales de certains de vos présidents de Commission ou VP...

 

« Faire région » nécessite de ne pas laisser prospérer le débat stérile d’une opposition entre territoires urbains, villes centres, métropoles...et territoires ruraux ou périurbains, petite musique simpliste et populiste que nous entendons ici ou là.

 

Dans un système mondialisé qui tend à faire émerger des villes-monde et des métropoles puissantes, les quartiers périphériques mais également les territoires ruraux ou périurbains ne doivent pas être les laisser pour compte de la croissance, du dynamisme et de bien vivre ensemble. Chaque territoire, chaque commune dispose de richesses et de forces que nous devons valoriser et soutenir. Au sein de la région, nous devons créer les conditions d’une solidarité entre les territoires qui passe notamment par un soutien actif aux démarches innovantes mais également par une réflexion sur les mécanismes de péréquation à mettre en place.

 

Au-delà des SRDEII et autres SRADDET, face à la forte désindustrialisation de notre région,

 

Nous devons agir pour l’emploi à travers le développement économique, et nous aurions pu attendre de ce budget des stratégies claires :

  • Pour nos filières ! Aucune priorisation n’apparait dans ce budget.
  • Pour l’innovation, dont le nombre de dossiers a drastiquement baissé notamment en Lorraine.
  • Pour nos Universités, qui sont les grandes absentes de votre plan Grand École.
  • Pour nos associations, qui ont pris un coup de massue avec votre dispositif d’accompagnement à l’emploi.
  • Pour le Tourisme, avec un budget constant, malgré l’ajout de trois sites, donc un budget en baisse.

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Malgré des paramétrages un peu poussifs et indécis, des ajustements un peu brouillons, un état des lieux et des évaluations des dispositifs passés que nous attendons et cherchons encore.... un an après une élection qui a été marquée par la défiance de nos concitoyens vis à vis d’une collectivité à l’action peu visible, nous attendions plus...Alors finalement, votre attentisme sonne comme un aveu : celui de l’avenir sombre que font peser, sur la collectivité que vous présidez, François FILLON et vos amis politiques.

 

Je vous remercie."

 

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