Séance plénière du 24 mars 2017 - Intervention liminaire de Pernelle Richardot

Pernelle Richardot (67) a introduit la séance plénière pour la Gauche. Voici son intervention.

 

Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, Mes chers collègues,

 

Cette séance s’inscrit dans le calendrier de la campagne présidentielle, et j’espère qu’Il ne viendrait à l’idée de personne de demander une trêve régionale comme certains ont pu s’époumoner à demander une trêve judiciaire. Mais cependant, c’est sans doute, le moment de s’interroger sur les valeurs qui fondent l’engagement politique plutôt que de ne s’intéresser seulement à nos préoccupations quotidiennes d’élus régionaux.

 

Monsieur le Président, je ne partage pas vos options politiques, j’ai même un peu de mal à comprendre vos choix récents.

 

Mais votre engagement, votre éthique sont fondés sur des valeurs de la République partagées par tous les démocrates, même si parfois les définitions, les contenus, les approches peuvent en être différents.

 

Cette campagne présidentielle est hors norme. Elle ne doit pas, pour autant, nous faire perdre nos nerfs jusqu’à n’en plus percevoir le ridicule.  

 

Notre société est de plus en plus polarisée, clivée par des entrepreneurs identitaires qui se nourrissent de ce climat délétère, qui surfe sur les peurs légitimes des salariés, des élus qui ne sont que des chéquards, y compris au détriment du Parlement européen, qu’ils rejettent politiquement mais dont ils abusent financièrement, et qui ont le culot de ne pas déférer aux demandes de la justice tout en fustigeant les voyous.

 

Des élus qui viennent de faire la démonstration de récupération, oubliant le programme de leur leader : casse du service public, fin des régions et de l’interco, désengagement de l’Etat.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Je refuse et refuserai toujours de céder à cette facilité qui consisterait à dire que c’est comme ça, que d’autres n’auraient pas mieux fait, que c’est ainsi que fonctionne la société, ce fatalisme qui aujourd’hui tétanise les politiques, notamment les démocrates et les républicains.

Je refuse cela car c’est ce qui alimente la désespérance de nos concitoyens et  laisse le champ libre à celles et ceux qui n’ont comme seul programme que la haine de l’autre et le repli sur soi.

Au niveau du Grand Est, et parce que « tout est un tout », au-delà de ce qui nous divise, nous devons agir pour ne pas être impuissants ! Nous devons démontrer que faire de la politique, gérer les affaires publiques, cela a une importance, cela a un sens, que la grande majorité des élus sont honnêtes et non des voyous corrompus, afin de redonner à la politique ses lettres de noblesse mais aussi pour être à nouveau audible tant la défiance et la peur sont grande.

Monsieur le Président, Il y a urgence.

 

Pour avancer, affranchissons-nous des liens qui nous rattachent au passé et regardons le monde tel qu'il est, ouvert, européen, transnational. Vouloir refaire des frontières, agiter des racines, des identités fantasmées, ce n’est pas cela avoir du courage politique.

 

Oui, la morale est une composante de la politique.

 

Je vous remercie."

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