Julien Vaillant : Le SRDEII est un outil de cohésion des territoires

Julien Vaillant s'est exprimé sur le SRDEII

Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues,

 

Je voudrais me projeter directement dans le vif du sujet, vous dire que le premier écueil à ce stade serait de considérer que ce vote est un point d’arrivée, alors qu’il est pour nous tous, sur le chantier du développement économique, un point de départ.

 

C’est certes, bien évidemment un acte fondateur, mais surtout un acte politique qui dégage des grands objectifs et des principes d’interventions (les six défis et les sept orientations) qui se rassemblent autour d’une double ADN autour de la question industrielle et de la bio-économie. Nous pourrions, autour de ces objectifs-là, « payer pour voir » mais au-delà de cela, ce que nous voudrions vous dire, ici dans cet hémicycle, c’est que finalement, collectivement, nous n’avons pas le droit à l’erreur.

 

Parce que bien évidemment le chômage est un fléau,

Parce que  le calendrier d’adoption de ce schéma a été tardif,

Parce que finalement, les moyens qui sont les nôtres sont limités, 180 millions sur 1,8 milliards.

 

Donc, nous votons :

 

Pour que ce schéma soit un acte politique fort, qui affirme le Grand Est comme une région qui propose et non qui impose,

 

Pour que ce schéma privilégie effectivement la coordination des moyens à la tentation d’une recentralisation.

 

Les symboles sont forts. J’ai écouté attentivement votre présentation, j’aurais aimé qu’il y ait plus d’élus représentatifs de l’ensemble des territoires du Grand Est. En effet nous sommes attachés à une gouvernance partagée et rassembleuse. L’enjeu est un enjeu d’animation.

 

Ce schéma doit être un outil de cohésion à l’heure où nos territoires ont affiché de nombreuses fractures : politiques, géographiques, sociales et même aujourd’hui générationnelles. Il faut donc que nous privilégions la coopération à la compétition.

 

Alors nous vous proposons deux axes pour la future animation de ce schéma.

 

La première c’est bien évidemment la question de l’efficacité. Il est indispensable, aujourd’hui pour nous, de consolider les locomotives de croissance qui sont les nôtres sur notre territoire, de construire un maillage efficace autour à la fois de nos métropoles, nous en avons deux pour le moment et bientôt davantage, de nos grandes aires urbaines, qui entre parenthèse lorsque l’on regarde attentivement les indicateurs socio-économiques, ne sont pas toujours en si bonne santé que cela, et agir vite parce que une hiérarchie des régions est en train de s’installer aujourd’hui.

 

Le deuxième axe qui nous apparait central, c’est celui de la proximité. Notre Région, c’est certes deux métropoles, mais c’est également douze agglomérations et plus de 248 EPCI, et ces intercommunalités-là, ces territoires qu’elles recoupent, ces gens-là qui les habitent, il ne faudra bien évidemment pas les laisser au bord de chemin. Le développement économique c’est, pour 80 %, de la création d’emplois autour de dynamiques locales.

 

Demain, notre responsabilité collective pour faire vivre ce schéma sera de ne pas consolider cette diagonale du vide, qui parfois peut fracturer notre pays. Sur la méthode, « on paye pour voir ». Nous espérons découvrir enfin ce qu’est le style Richert et nous espérons qu’il soit celui d’une contractualisation qui fasse confiance aux territoires, qui fasse confiance aux élus qui les animent, confiance à tous les acteurs associatifs, sportifs, économiques, entrepreneuriaux qui peuvent derrière être les relais de cette ambition, que nous pouvons éventuellement partager.

 

Pour nous ce SRDEII est un script, le script d’un possible récit commun qui permettra enfin de créer cette identité du Grand Est, mais il se doit d’épouser la complexité du monde économique et à ce titre nos interventions et notre action ne sera pas un blanc-seing donné, mais une critique attentive.

Merci "

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