Séance Plénière du 28 avril 2017 - Intervention liminaire de Pernelle Richardot

Pernelle Richardot (67) a introduit la séance plénière pour la Gauche. Voici son intervention.

 

Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, Mes chers collègues,

 

Le débat de cette élection est bien le débat sur la France, sur son avenir, sur l’organisation de la République, sur ses valeurs. Il suffit d’ailleurs d’écouter la diatribe de la leader de l’extrême – droite, pour être convaincu que nous ne partageons décidément pas les mêmes valeurs et le même sens du mot France.

 

Aujourd’hui, il ne faut souffrir d’aucune ambigüité, nous faisons le choix des valeurs républicaines, c’est pourquoi nous appelons à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite.

 

La France que nous propose Madame Le Pen, c’est cette France repliée sur elle-même, isolée sur la scène internationale, qui signerait la ruine économique et sociale de notre pays, et d’abord des plus fragiles. Et la fin des régions aussi faut-il le marteler ici !

 

Je ne veux pas moi d’une République fermée sur elle – même.

 

Liberté – Egalité – Fraternité.

 

Avec la liberté, la République assure le libéralisme au sens politique du terme. Mais elle le conjugue harmonieusement avec l'égalité c'est à dire la lutte acharnée contre les injustices et, peut-être surtout, la fraternité, condition essentielle de notre capacité à vivre tous ensemble dans la République et à y construire notre avenir commun.

 

Monsieur le Président,

 

Regardez ces cartes du Grand Est qui - élection après élection – deviennent chaque fois un peu plus sombres….

 

Notre société est de plus en plus polarisée, clivée par des politiques identitaires qui se nourrissent d’un climat délétère, d’élus autoproclamés patriotes qui jouent avec les peurs, avec ce sentiment d’insécurité économique, social et culturel sur lequel prospère les idéologues du Front national, la réalité d’un sentiment toujours plus vif de déclassement social, économique, …et cette incapacité que nous avons collectivement à nous en saisir…pris dans des querelles d’appareils, de territoires, d’égos …..

 

C’est vrai, cette élection est celle de tous les dangers, de toutes les faiblesses…c’est aussi la sanction de nos formations politiques …la mienne, la vôtre Monsieur le Président…Ces partis qui se sont éloignés de ce qui avait pu faire leur force, l’intelligence collective, cette capacité à proposer un futur commun et désirable à nos concitoyens.

 

L’urgence, Monsieur le Président, face à cette crise du politique est de répondre aux défis de nos territoires et aux inquiétudes de nos concitoyens : celui de la démocratie régionale et de la proximité, où les pratiques des relations élu/citoyen et administration/citoyen doivent être profondément renouvelées ; En sortant des politiques de guichet.

 

Celui de l’aménagement du territoire qui doit être repensé pour qu’aucun territoire ne soit délaissé et puisse récolter les fruits de la croissance régionale. Il est de notre devoir de construire des réponses politiques pour que chaque citoyen trouve sa place dans les politiques publiques locales de demain.

 

Il est de notre devoir de construire des réponse politiques pour que chaque citoyen trouve sa place dans les politiques publiques locales de demain : cela passe nécessairement par un SDEII, un SRADDET ou encore un pacte ruralité … à la condition que ces politiques ne soient pas de simple « politiques du shaker » avec un cocktail dont le goût n’aurait rien d’extraordinaire, ni en matière de nouvelles pratiques de gouvernance, ni pour l’avenir des territoires.

 

Depuis les régionales de 2015, j’en suis convaincue, nous devons changer de logiciel. Dans un système politique contesté et contestable, nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin de réinventer la relation citoyen-élu.

 

Je vous remercie."

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