Séance Plénière du 29 juin 2017 - Intervention liminaire de Pernelle Richardot

Pernelle Richardot (67) a introduit la séance plénière pour la Gauche. Voici son intervention.

 

Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,
 
Dans les trois minutes imparties à mon groupe, je pourrais décider de revenir sur cette période électorale totalement surréaliste où tous les codes politiques ont été bouleversés ;
 
Toujours dans ces petites trois minutes, je pourrais aussi tenter de recomposer les groupes politiques de notre assemblée … dire (ici) à haute voix ce qui se murmure tout bas dans les couloirs et que vous ne pouvez ignorer ...

Mais tout cela est anecdotique au regard des enjeux toujours présents pour cette nouvelle Région…au regard de ces 11 millions de voix allées à l’extrême droite qui nous obligent un peu plus encore ;
 
Nous achevons cette période de transitions, vous venez de le rappeler. Les socialistes continueront de regretter qu’aucune évaluation des dispositifs passés n’ai été faite ou communiquée à l’assemblée qui est la nôtre … C’est bien par une évaluation des dispositifs et des besoins, de bilans chiffrés et qualitatifs que l’on peut évaluer l’efficacité ou non des politiques. Vous nous l’aviez promis. Nous avons attendu … en vain.
 
Monsieur le Président, je m’interroge lorsque je découvre que les collectivités territoriales n’ont pas moins de 4 interlocuteurs différents au sein du Gouvernement Philippe 2 ;  je m’inquiète même quant à l’avenir de nos régions lorsque j’entends Jacques Mézard, sénateur devenu Ministre, clairement départementaliste, pourfendeurs de la métropolisation, lors de sa passation de pouvoirs dans une allocution qui aurait pu laisser supposer qu’il venait d’être nommé ministre de la ruralité…..Quelles voix ferons nous entendre demain depuis cet hémicycle ?

Que deviendra, Monsieur le Président, au-delà des lettres d’intentions,  le droit à l’expérimentation ? De quels moyens disposerons-nous ?  Nous le savons, plus qu’un titre de Gouverneur, ce dont cette région a besoin c’est d’une décentralisation forte et moderne, poussée jusque dans ses ressources…et non d’une simple déconcentration. Sur ces sujets et questions, vous trouverez toujours les socialistes à vos côtés.
 
Je voudrais rappeler une fois encore que la question fondamentale est bien d’arriver à organiser les conditions structurelles qui permettront – demain - l’égalité territoriale ; De rappeler aussi que contrairement à ce que certains - dans votre majorité -  pensent ou laissent croire par facilité électoraliste, ce n’est pas en multipliant les postes et les agences que nous construirons cette égalité territoriale …
 
Il nous faut porter, imaginer, construire très vite une nouvelle inclusion sociale et géographique en ayant une vision stratégique des alliances territoriales qui embarqueront nos villes et campagnes dans une dynamique de développement positive.
 
Ancrons notre région Grand Est dans la région transfrontalière qui doit dorénavant devenir notre périmètre de référence. Ce nouvel espace transfrontalier représente un véritable cœur de l’Europe, dont le rôle et les actions pourront refonder des pratiques européennes répondant à des aspirations renouvelées des populations, à condition d’anticiper et d’agir ensemble…à 360 degrés ….Oui, les bassins d’emploi sont désormais transfrontaliers, oui c’est à cette échelle que nous devons travailler la cohésion sociale au même titre que le marché de l’emploi mais en prenant en compte d’urgence les ségrégations territoriales, les replis identitaires, les différentiels de pouvoirs d’achat, les problématiques de transports…tous ces effets rétroactifs générés par les inégalités et les dysfonctionnements dont vous ne parlez jamais, ni ici, ni dans le SRDEII …

Il nous faut conforter l’arrimage des grandes agglomérations autour de projets communs et non, des projets concurrents. Renforcer les apports entre les métropoles, les villes petites et moyennes et les campagnes pour se construire solidairement au sein de la nouvelle région.
 
Je fais le vœu qu’à la sortie du SRADDET on s’engage à faire, enfin, la chasse aux concurrences territoriales, internes et contradictoires et qu’on porte ensemble une vision structurante, globale et solidaire du Grand Est.

Cet effort d’imagination, ce pas de côté pour inventer un modèle de développement propre, différent des modèles connus, en mutualisant les spécificités de chacun dans un fonctionnement commun lisible et faisant en sorte que chacun en sorte renforcé, est une urgence.

Monsieur le Président, le statut quo en la matière n'est pas suffisant."

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