Hélène Colin : Quelles politiques pour les lycées et l'apprentissage dans le Grand Est

Hélène Colin s'est exprimée sur la dotation de fonctionnement des lycées du Grand Est.

Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,

 

 

Ce rapport nous conduit à émettre plusieurs remarques sur la mise en œuvre de votre politique Lycées et Apprentissage.

 

 

Tout d’abord, vous évoquez en 3 lignes, dans le rapport sur le DOB, la notion d’autonomie des établissements, en précisant qu’une vingtaine d’entre eux « devraient se lancer dans cette nouvelle démarche en 2018 ». Le mystère reste entier ! De quel type d’autonomie s’agit-il ? Quels sont ses objectifs et ses moyens ?

 

 

 Ensuite, en ce qui concerne le Lycée 4.0, les diverses remontées de terrain nous prouvent que nos inquiétudes étaient fondées quant au retards observés dans la mise en œuvre de ce dispositif. Et, toujours, la question du coût imposé aux familles.

 

 

Si nous sommes bien sûr favorables à un enseignement moderne, qui s’appuierait sur le numérique, nous sommes également soucieux de la bonne mise en place et de l’efficacité des outils et systèmes le permettant. Ainsi, nous pensons, tout comme le CESER, qu’il est indispensable de se servir du bilan de la première phase expérimentale pour analyser et, le cas échéant, améliorer le dispositif avant de lancer la seconde vague. Sinon, cela s’appelle une mise en place, pas une expérimentation !

 

 

 Autre point qui nous inquiète : le risque de dégradation et de précarisation de la situation des personnels ATEE lorsque vous évoquez, dans le rapport sur le DOB, « une nouvelle modélisation des calculs des moyens humains dans les lycées ». Si des économies doivent être faites, il serait plus pertinent, à mon sens, qu’elles soient réalisées ailleurs que sur les moyens humains. Il s’agit là de ne pas hypothéquer la qualité du service public de l’enseignement, une nécessité lorsqu’on veut, comme vous le prétendez, donner la priorité à la jeunesse.

 

 

 Sur l’apprentissage, nous notons que vous annoncez « une rationalisation du nombre de CFA à la rentrée 2018 et une redéfinition de leur financement ». Nous nous interrogeons. Comment conformer ce dessein à votre vision affichée de l’apprentissage comme « filière d’excellence » ? Et comment penser une rationalisation alors que le gouvernement annonce un renfort des filières en apprentissage ?

 

Enfin, sur le fond du rapport lui-même, de vives inquiétudes sont exprimées par certains établissements, quant à la date d’entrée en vigueur de la nouvelle grille de calcul des dotations de fonctionnement des lycées. 

 

 

En effet, la mise en place d’une dotation harmonisée sur l’ensemble du territoire ayant été annoncée pour 2019, plusieurs établissements sont aujourd’hui surpris d’apprendre qu’un écrêtement sur fonds de réserve aura lieu suivant des modalités de calcul qui tiennent compte de fonds disponibles au 31 décembre 2016, à une date à laquelle ils n’avaient, par définition, pas encore connaissance de ces futures règles de calcul. Etes-vous certains que la réalité des fonds de roulement soit toujours celle de fin 2016 ? Il s’agit, là encore, d’une décision prise sans concertation aboutie.

 

 

En conclusion, nous déplorons notamment le manque d’évaluation en amont des décisions régionales et, d’une certaine manière, l’absence d’une vision plus globale et transversale ainsi que le manque de concertation avec les autres parties prenantes de la formation.

 

 

Nous voterons donc contre cette délibération, qui risque de mettre en difficulté des établissements.

 

Je vous remercie."

 

 

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