L'importance de la contractualisation

Olivier Girardin (10) est intervenu sur le volet Aménagements des Territoires du DOB 2018.

Seul le prononcé fait foi

 

" Monsieur le Président, félicitations pour votre élection de ce matin et j’ai une pensée pour Monsieur Richert.

 

Vous évoquiez la souplesse dans votre intervention ce matin et je me demandais en écho si nous n'abusions pas du grand écart dans cette période. Ou plutôt si votre majorité et vous-même n’en abusiez pas.

 

J’entendais un collègue de votre majorité tout à l’heure évoquer la question de ce que fait l’État des ponctions qui saignent les finances de notre Région. Et je me disais : qu'ils ont tous adhéré à un projet politique, à l’époque de la Présidentielle, qui prévoyait presque le double de ce que nous prévoit le Gouvernement actuel en terme de diminution des dotations.

 

Il faut quand même oser, à ce niveau de mauvaise foi, cela doit avoir des vertus hallucinogènes.

 

Je pensais au grand écart également sur quelque chose de plus important, sur la question du rapport de la France à la décentralisation et de l’État et de ses Régions. Nous n’avons de cesse de réclamer une vraie décentralisation et pas une recentralisation via une déconcentration appuyée des services de la Région.

 

Mais le modèle que vous avez mis en place n’est-il pas un modèle trop centralisé, n’est-il pas un modèle qui fait l’impasse sur quelque chose que Monsieur Masseret a rappelé ce matin, la nécessité de la question de la contractualisation, la question de la confiance aux territoires, la question d’une autre gouvernance politique. Il est temps et il y a urgence.

 

Nous commençons à remarquer que se développe sur nos territoires des questions ayant trait à l'application des nouveaux dispositifs. Ils ne correspondraient pas tous aux réalités variées rencontrées par les acteurs locaux. Je pense aux associations  culturelles notamment.

 

Un dispositif général sur notre grande Région est-il pertinent lorsque le poids relatif d’une association, l’impact de ce qu’elle produit n’est pas le même qu’on soit dans une grande métropole, quelle que soit la région d’ailleurs ou dans la ruralité. Attention à cela, soyez audacieux, si vous êtes audacieux nous vous suivrons, nous vous soutiendrons nous qui portions cette question comme étant centrale dans notre région.

 

Sinon nous continuerons de discuter du modèle Alsacien, certains pour s’en prévaloir et les autres pour le fustiger, tout cela n’as pas de sens. La question des identités pollue notre vie politique depuis trop longtemps.

 

Les politiques maintenant parlent d’identité parce qu’ils ne savent plus traiter la question de ce que sont les destins des peuples qu’ils gouvernent. C’est cela la vérité. On dit les identités c’est important, on vous reconnait comme étant différent, on vous a vu, on ne sait plus dire ou est-ce que l’on va.

 

Ne tombons pas dans le piège des identités, travaillons sur une vraie démocratisation de notre Région, c’est comme cela que nous « ferons région », comme cela que nous rendrons services aux territoires, comme cela que nous abandonnerons les revendications identitaires des uns ou des autres.

 

Mesdames et Messieurs, c’était le sens du propos que je voulais tenir.

 

Et vous me permettrez dans un sourire de m’adresser à Marc Sebeyran. J’avais prévu de ne pas faire de citation, Monsieur le Président. - Parce que j’avais lancé la mode et qu’elle a pris trop d’envergure -.  Mais quand Marc Sebeyran à la fin de son intervention extrêmement importante nous cite Proust, j'ai pensé comme il avait l’air fatigué qu’il allait nous dire « longtemps je me suis couché de bonne heure ».

 

Je vous remercie."

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