Un budget qui pose plus de questions qu'il n'en résout

Antoine Homé (68) s'est exprimé sur le Budget primitif 2018.


Intervention d'Antoine Homé


Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

Ce budget, présenté aujourd’hui, est optiquement stable. En même temps, nous remarquons qu’il s’agit d’un budget de reconduction.

 

D’ailleurs tout à l’heure lors de votre présentation, nous avons eu l’impression que c’était un inventaire à la Prévert, plutôt qu’une vision globale nécessaire à la politique régionale et à ses développements.

 

Il y a dans ce budget stabilisé cinq priorités annoncées : la jeunesse, l’emploi, les territoires, les mobilités et l’Europe. Et nous verrons pourtant et tout au long des débats de cette après-midi et de demain, qu’entre les ambitions et la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres et que, sur tout une série de projets, les inquiétudes sont là. D’abord pour ne parler que des crédits budgétaires, la priorité de la formation professionnelle ne s’incarne pas dans la baisse de 13.5 millions d’euros des crédits. Il en est de même pour l’Aménagement des Territoires et même pour l’apprentissage.

 

Les inquiétudes sont vives sur les transports scolaires, sur le dispositif Lycées 4.0, nous y reviendrons. La faible mobilisation des crédits européens, avec les risques de dégagement d’office, qui ont été évoqués est à relever.

 

Le soutien aux associations s’affaisse et notamment celui aux actions de professionnalisation et que dire de l’absence de stratégie en matière de mobilité.

 

Mais j’en viens aux questions financières : tout à l’heure Marc Seyberan a expliqué les difficultés auxquelles nous étions confrontés et Jean-Pierre Liouville a eu raison de rappeler qu’il y avait quand même un point très positif, c’est évidemment l’affectation d’une part de la TVA à notre collectivité, faite par le gouvernement de gauche, qui constitue une mesure très positive.

 

En revanche depuis lors, c’est vrai que les mauvaises nouvelles s’accumulent : nous avons eu la suppression, tout à fait inattendue et brutale du fonds de soutien qui nous impacte fortement. De sorte qu’entre la dynamique de la TVA et la baisse de ce fonds de soutien, il y a une perte sèche pour la Région qui est importante.

 

Il y a eu entretemps tous les débats au Parlement autour des variable d’ajustement, notamment la DCRTP, qui déjà avait été érodée pour les Régions et les Départements, l’an dernier.

 

On veut nous imposer de nouvelles contraintes : limitation des dépenses de fonctionnement, contrats avec les Préfets.

 

On a le sentiment que ce mouvement de recentralisation, nous ramène finalement avant 1982. J’aimerais vous interpeller, Monsieur le Président : votre prédécesseur était président de l’Association des Région de France. Nous attendons de vous d’être beaucoup plus actif pour défendre les finances régionales face à cette batterie d’attaques en règle qui ont fait qu’à un moment l’ARF avait suspendu sa participation à la conférence nationale des territoires.

 

Alors ces inquiétudes financières, elles se doublent de doutes sur votre stratégie. Tout à l’heure, aussi des intentions ont été évoquées : capacité de désendettement, stratégie d’endettement, mon collègue Jacques Meyer y reviendra. Aujourd’hui ce ne sont là que des idées, il n’y pas de ce point de vu là de fait réel qui prouve que la gestion de la Région, et notamment par rapport à la dette, serait aujourd’hui concrètement améliorée.

 

Sur le fond, je crois que c’est un budget qui pose plus de questions qu’il n’en résout à la fois sur les politiques et sur les équilibres financiers : c’est ce que nous démontrons tout au long de nos débats.

 

Je vous remercie."

Écrire commentaire

Commentaires: 0