Les régions, moteurs du développement de l’apprentissage, au service de l’emploi des jeunes

Pernelle Richardot (67) a donné notre position sur la motion " Les régions, moteurs du développement de l’apprentissage, au service de l’emploi des jeunes"


Intervention de Pernelle Richardot


Le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président,

 

Au nom du groupe socialiste, je souhaite rappeler tous les dangers de cette réforme annoncée de l’apprentissage, voulue et portée par le gouvernement.

 

Cette réforme, si elle aboutit, fera basculer la formation professionnelle dans les mains d’intérêts privés ; Le MEDEF en rêve depuis longtemps !

 

Elle représente un risque majeur de conflit d’intérêt entre des branches chargées à la fois de la gestion des fonds et de la gestion des centres de formation, avec un autre risque, celui de démunir d’autres branches à fort besoin de recrutement, comme le secteur sanitaire, médico-social et social , voire celui de l’artisanat.

 

Autre risque : celui de priver les territoires ruraux et péri-urbains d’offres de formation malgré les besoins de ces territoires.

 

Le Gouvernement n’a aucune vision globale, aucune stratégie en matière d’apprentissage. Cette réforme augmentera encore davantage le cloisonnement et la concurrence délétère entre les différentes formes de formation.

 

Enfin, pour que personne ne l’ignore, j’ai rappelé les vrais engagements du Gouvernement pour l’emploi....en rappelant les chiffres du PLF 2018 : - 1,5 milliard d'€ en 2018, -2,3 Mrd€ en 2019 et -300M€ en 2020, soit une baisse de près de -25 % en trois ans !!

 

Je vous remercie."

 

Motion : Les régions, moteurs du développement de l’apprentissage, au service de l’emploi des jeunes


A l’occasion de sa réforme de la Formation Professionnelle, de l’Assurance chômage et de l’Apprentissage, Madame Muriel PENICAUD, Ministre du travail, a rappelé les 4 objectifs poursuivis par le Gouvernement en faveur de la « transformation » de l’apprentissage :

- être réactif par rapport aux évolutions du marché du travail et des besoins des entreprises ;
- agir en transparence pour une meilleure information des jeunes et de leurs familles ;
- travailler sur la responsabilisation des entreprises ;
- favoriser la régulation du système.

 

La Région Grand Est fait sienne la plupart des constats du Gouvernement sur le fonctionnement actuel de l’apprentissage, telle que la rigidité excessive du système, et partage sa volonté d’y associer davantage les entreprises.

 

Pour autant, les élus régionaux rappellent qu’il convient d’avoir une vision globale sur la chaîne des formations, garante d’un parcours professionnel réussi. On ne peut segmenter l’approche en séparant l’apprentissage, l’enseignement professionnel et la formation professionnelle continue. Ces filières sont, au contraire, liées et peuvent chacune compléter un parcours de formation.

 

L’apprentissage n’est que trop souvent considéré comme une voie de formation à part et de second rang. Pour changer ces idées reçues sur l’apprentissage et les métiers auxquels il prépare, il faut avec pragmatisme commencer par revoir l’approche de l’orientation, notamment en renforçant l’information et le conseil en orientation dans les collèges, les lycées et auprès des prescripteurs comme les Missions locales et les Pôle-emplois.

 

Cette vision globale, cette mission d’orientation, seules les Régions, en charge du Service Public Régional de l’Orientation, sont en capacité de la porter et de la remplir avec le soutien de l’Etat partenaire et plus spécifiquement celui de l’Education nationale.

 

Le Gouvernement souhaite par ailleurs et de toute évidence, confier la gestion de la taxe d’apprentissage – et de toute autre ressource – aux branches professionnelles. Le risque d’un tel transfert est que les branches ne générant que peu ou pas de taxe d’apprentissage seront rapidement mises dans l’incapacité d’assurer le coût réel de formation de leurs effectifs.

 

Une telle initiative signifierait purement et simplement la disparition programmée de certaines formations, notamment celles de l’artisanat et de l’agriculture, voire de certains métiers. 205 000 apprentis sur les 405 000 que compte la France seront directement impactés !

 

Les Régions doivent conserver cette compétence, elles sont seules en mesure de corriger, dans un esprit d’équité, les effets pervers d’un tel financement.


Avec ses 38 345 apprentis et ses 1750 formations, la Région Grand Est se situe au 3ème rang des régions françaises et consacre pas moins de 148 millions d’euros au soutien aux apprentis, CFA et employeurs d’apprentis mais aussi 13 millions d’euros pour l’entretien des bâtiments.

Il est de sa responsabilité d’alerter le Gouvernement, avec l’appui de l’ensemble des Régions de France, sur les orientations qu’il semble vouloir prendre.

 

Le Conseil régional Grand Est rappelle sa volonté de participer à une réforme qui soit ambitieuse pour un système rénové de l’apprentissage, dans l’intérêt des jeunes et des entreprises.

 

Le Conseil régional Grand Est réaffirme enfin sa volonté de maintenir, sous son égide, une juste répartition des moyens financiers permettant d’assurer à la fois un équilibre des formations dédiées à toutes les entreprises et un maillage territorial cohérent de l’apprentissage.

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