Projet Régional de Santé 2

Brigitte Vaisse (57) est intervenue sur le Plan Régional Santé 2

 


Intervention de Brigitte Vaisse


Seul le prononcé fait foi

 

 

« Monsieur le Président,

 

 

Je veux rappeler en préambule que la santé et l’accès aux soins sont une compétence de l’état qui aujourd’hui reste dans une vision purement comptable et marchande de la santé et dont on a vu encore récemment les effets délétères dans les services d’urgence d’un grand nombre d’hôpitaux publics.

 

 

Nous saluons le travail effectué pour élaborer ce plan mais regrettons que les réponses ne soient pas à la hauteur des enjeux avec des contradictions majeures, comme le manque avéré de médecins généralistes à qui on veut confier encore davantage de tâches comme le remplacement des médecins scolaires par exemple.

 

 

Les dispositifs d’incitation à l’installation ont montré leurs limites et on regrette le manque de volonté du gouvernement à remettre en cause la question de la liberté d’installation des médecins pour pallier aux déserts médicaux.

 

 

Nous regrettons de même que ne soit pas évoqué d’autres propositions de développement de service public de 1er recours et d’autres modalités d’exercice tel que la création de centre de santé avec des professionnels salariés. Ce qui aurait le mérite de renforcer la primauté donnée à une offre publique d’accès aux soins et de ne pas tout miser sur le développement de partenariats "public-privé".

 

 

La mise en place des GHT ne doit pas obéir, là encore, à une logique comptable et tenir compte des spécificités de chaque territoire : les services d’urgence, le maintien ou non des maternités dans les territoires périphériques, conditionnent l’égal accès de tous les citoyens à des soins nécessaires, y compris spécialisés. C’est un enjeu stratégique surtout lorsqu’on inscrit dans ce PRS que notre région se caractérise par de fortes inégalités sociales et territoriales.


La e- sante et la Prévention occupent une part importante dans ce PRS et c’est certainement sur cet axe que le CR devrait pouvoir montrer sa volonté à avancer sur ces sujets. La E sante, c’est bien, à condition que cela soit réellement un outil au service des professionnels de santé et non un palliatif à la baisse de la démographie médicale. Le champ de la prévention concerne tous les aspects de la vie: L’amélioration de la qualité environnementale au sens large que ce soit pour la qualité de l’air ou l’amélioration des conditions de vie liées à l’habitat et à la mobilité devraient se traduire par des prescriptions claires dans l’élaboration du SRADDET. Nous regrettons que l’aspect Santé au travail ne soit pas plus développé alors que les burn-out ou les pathologies liées au stress sont la 1 ère cause des arrêts de travail.

 

 

Comme le pointe très justement le CESER, le déploiement d’un GERONTOPÔLE GE doit rapidement être mis en œuvre.

 

 

En effet, les questions liées au vieillissement de la population sont stratégiques. On parle beaucoup des EHPAD et de leurs difficultés liées aux conditions de travail des personnels entre autres et au manque de moyens qu’ils subissent, ne garantissant pas le maintien d’un état de santé, au sens large, satisfaisant des résidents et je pense particulièrement à la santé bucco-dentaire. Le développement d’une offre publique d’établissements adaptés aux capacités financières de nos concitoyens est impérative et relève d’un choix politique.


Nous devons être ambitieux pour mener au sein de nos lycées, CFA, Mission Locales, des actions de prévention au long cours tout en accompagnant les jeunes dans leur accès aux droits, en particulier ce qui concerne la sécurité sociale et les complémentaires santé.

 

Parce que ce PRS , au-delà des constats que nous partageons tous et des bonnes intentions que nous ne pouvons que partager, n’affiche pas fortement une volonté de maintenir et de développer un service de santé public sur tout le territoire, reconduit des actions précédemment développées dans les précédentes régions sans proposer d’innovations majeures, parce qu’on ne peut accepter par exemple, que « l’on mette la charrue avant les bœufs » en supprimant des lits d’hospitalisation avant même d’avoir construit de véritables réseaux de prise en charge ambulatoire, parce qu’il y a nécessité d’une véritable évaluation des dispositifs des MSPP installées sur notre territoire depuis le précédent PRS, notre groupe votera contre l’avis favorable que vous nous proposez . »

 

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