Soyons collectivement à la hauteur

Emmanuel Recht s'est exprimé sur la stratégie en matière de ressources humaines et le PACTE ATTEE de la Région Grand Est.

Intervention D’Emmanuel Recht

Le prononcé fait foi

 

 

« Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

 

Depuis deux ans, les conditions de travail de nos agents se sont objectivement dégradées, avec une multiplication des situations de souffrance : une surcharge de travail singulièrement sur certains sites, des changements de postes et de procédures à un rythme incessant, un manque de communication avec son lot de rumeurs et de frustrations ou encore un matériel de visioconférence, pas à la hauteur, qui a engendré un surplus de déplacements, alors même que la question des déplacements est devenue une des préoccupations majeures de notre collectivité.

 

 

En ne méconnaissant pas l’histoire de notre région et ses contraintes, nous devons collectivement être à la hauteur des attentes et des difficultés de celles et de ceux qui sont le visage de notre collectivité.

 

 

Car je ne peux continuer mon propos sans d’abord féliciter et sincèrement remercier nos agents, pour leur travail et leur engagement au service de l’intérêt général et des habitants du Grand Est.

 

 

C’est bien pour cela et pour eux qu’avec beaucoup d’autres, j’ai participé à la manifestation de jeudi dernier.

 

 

Il était, je crois, donc bien temps d’agir.

 

 

Vous nous proposez aujourd’hui une stratégie RH déclinée en trois objectifs, détaillés en fiches-actions, dont celle du PACTE ATTEE.

 

Même s’il y a dans ce pacte des choses positives, un sentiment général prédomine : les véritables enjeux, à savoir les effectifs ATTEE, la mutualisation ou encore la question du remplacement, ne sont ici pas encore abordés.

 

Mais, pour être tout à fait objectif, votre stratégie RH globale a le mérite de saisir la plupart des enjeux et va plutôt dans le bon sens.

 

Cependant, permettez-moi quelques points de vigilance, d’inquiétudes, mais aussi diverses pistes de réflexion.

 

Je ne remets absolument pas en cause le travail de la DRH et de ses agents, bien au contraire, eux qui font, depuis le début, un travail difficile, mais admirable, avec abnégation et compétence.

 

 

Vigilance, tout d’abord, quant à la négociation à venir sur le contenu du RIFSEP, car force est de constater que la situation des ATTEE a été mieux entendue, mieux prise en compte que celle des agents des services administratifs. Au point que nombre de ces agents ont le sentiment d’un véritable nivellement par le bas et regrettent un nombre insuffisant de classifications de poste. Il faudra notamment y être attentif lors de la prise en compte des formulaires de demande de révision de ces classifications.

 

 

Des inquiétudes, ensuite, sur les calendriers très chargés, qui se chevauchent parfois et qui seront très difficiles à respecter.

 

Pour ce qui est des pistes de réflexion, je relève qu’en matière de régime indemnitaire, il y a aujourd’hui trop d’écart sur le socle minimum entre les groupes de même catégorie. Il y a aussi le problème des bonifications qui n’atteignent pas 100% dans toutes les catégories (en particulier pour les premiers groupes) ou encore la question du Complément Indemnitaire Annuel, qui est là pour récompenser le sérieux d’un agent et qui ne peut pas, comme aujourd’hui, aller de 160 à 4600 euros selon les groupes.

 

 

En termes de conditions de travail, il faut vraiment permettre aux agents, qui le souhaitent et dont les fonctions n’y font pas obstacle, de pouvoir utiliser le télétravail et d’autre part mettre en place des matériels ergonomiques et adaptés à chaque poste.

 

En matière de formation, enfin, je remarque que le financement du Congé Individuel de Formation n’est pas à la hauteur des enjeux et doit donc pouvoir être relevé.

 

 

Mes chers collègues, vouloir donner de corps et du sens au Grand Est, pour définitivement l’asseoir dans le paysage institutionnel local, cela passe aussi par notre stratégie RH. C’est aussi important que le SRADDET, le CPRDFOP ou les travaux de la CAO, c’est dire. C’est même essentiel quand on entend faire Région ensemble et créer une histoire commune. Le Grand Est ne peut pas être légitime si ses agents eux-mêmes n’en sont pas convaincus. Et c’est seulement lorsque nous aurons des agents convaincants que nous pourrons avoir au final des citoyens convaincus.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues, Je vous remercie. »

 

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