Investir dans notre jeunesse

Emmanuel Recht s'est exprimé sur le dispositif Jeun'Est et la Charte du Service Public Régional de l'Orientation Grand Est 2018-2022.


Intervention D’Emmanuel Recht


Le prononcé fait foi

 

" Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

La jeunesse, dans la confiance que l’on peut mettre en elle, en ce qu’on n’est jamais déçu de lui donner des responsabilités et les moyens de s’épanouir, doit toujours être une priorité de nos politiques publiques.

 

Malheureusement le sort de nos jeunes aujourd’hui n'est guère plus enviable que celui de nos retraités dans les années 70. En effet, un jeune sur cinq est touché par la pauvreté, avec, pour conséquences, la perte d'autonomie, la défiance envers nos institutions et, plus grave, la rupture du pacte intergénérationnel et, surtout, républicain.

 

C’est pourquoi, il nous faut sans relâche réduire la fracture démocratique, développer la participation et l'action culturelle, agir sur l’emploi et le logement parce qu’ils sont les principaux piliers de l’autonomie. De fait, les enjeux des politiques « Jeunesse » sont si nombreux qu'on se demande bien quelle compétence régionale n'est pas traversée par cette question. Une approche « Jeunesse » se justifiant aussi ainsi en aménagement du territoire ou en transports.

 

Pour ce qui est plus particulièrement du dispositif « Jeun’Est », que vous nous proposez aujourd’hui, et afin que ce dernier se mette en place dans les meilleures conditions, malgré un calendrier très serré entre un vote fin juin et la rentrée ; n’est-ce d’ailleurs pas déjà un peu tard pour éviter problèmes et embouteillages en septembre ? Il est nécessaire que chacun joue son rôle.

 

D’après les retours terrain, ce n’est visiblement pas le cas de l’Agence culturelle qui se limite, bien trop souvent, à renvoyer toute question ou demande à la DJL, qui doit être ainsi submergée. J’en profite d’ailleurs pour saluer ici le travail remarquable de tout le service.

 

À part ça, que pouvons-nous répondre aux communes qui aimeraient pérenniser des dispositifs, appréciés mais voués à disparaitre, tel le dispositif Vitaculture qui favorisait l’accès à un prix modéré aux salles et aux spectacles en Alsace rurale et qui reposait sur un partenariat financier entre les communes et la région ?

 

Pour ce qui est, ensuite, de la charte du SPRO, son examen s’inscrit dans un contexte plus large de réforme. Parce que quand on parle par exemple des PSAD, il s’agit d'une co-animation CIO et mission locale avec le Directeur de CIO comme représentant de l'Education nationale. Qu'en sera-t-il quand les CIO auront disparus ? Et les DCIO avec eux ? De plus, alors qu’il y a un accord-cadre entre la Région Grand Est et l'ONISEP pour la période 2017-2020, qu’en sera-t-il, à partir de septembre 2018, quand les DRONISEP seront transférées aux régions ?

 

C’est pourquoi, entre autres, convaincus de la nécessité de réfléchir à une nouvelle organisation de notre système d’orientation, mais aussi forts de la volonté de renforcer le SPRO en lien avec l’ONISEP, nous vous proposerons tout à l’heure une motion (un peu à l’image de celle qui a été votée par le Conseil départemental du Haut-Rhin l’année dernière) visant au maintien d’un service public d’orientation, certes renouvelé et réformé, mais toujours gratuit, de proximité, de conseil et d’accompagnement dont nos jeunes, nos décrocheurs et nos territoires ont besoin.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues, concernant les deux rapports « Jeunesse » du jour, avec ces remarques et ces questions, nous voterons « pour ».

 

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