Les voeux pieux du Grand Est

kiPernelle Richardot (67) s'est exprimée sur la contractualisation Financière.


Intervention de Pernelle Richardot


Seul le prononcé fait foi :

 

« Avec ce Pacte …n’ayons pas peur des mots, ce sont tous les ingrédients d’un jacobinisme étriqué qui sont réunis …une vision d’un autre siècle, celui où il fallait rendre des comptes (là deux fois par an !) aux préfets … C’est l’aménagement du territoire vu depuis le 7ème arrondissement de Paris, pensé par des gens qui n’ont jamais connu le terrain, ...

 

Monsieur le Président,

 

Aujourd’hui (et même le Conseil constitutionnel l’a souligné dans le cadre de la Loi de finances..) c’est l’élan même de la décentralisation qui est brisé.

 

Nous voici transformés en sous-traitants de l’Etat, 35 ans après les premières lois de décentralisation. Cette recentralisation va non seulement à contre-courant de l’Histoire, mais à l’encontre des attentes de nos concitoyens et de nos territoires. Ces attentes, vous les avez-vous-même exprimez tout à l’heure dans votre propos liminaire. Du besoin de protection qu’ils expriment chaque jour par le biais de services publics de proximité et de qualité. Et nous le savons toutes et tous….

 

Au « pacte de confiance » promis par le Président de la République, on nous impose (au travers de cette délibération) un carcan… Et ce n’est pas un contrat…car les contrats – Monsieur le Président – sont toujours librement consentis et négociés….

 

Mes Chers collègues, avez-vous bien réalisé, les uns et les autres, que demain dans les faits avec ce carcan … ça sera moins pour nos lycées, moins de soutien à des centaines de TPE et PME, moins à des milliers d’agriculteurs et moins d’investissements sur nos territoires, ces territoires dont nous n’avons eu de cesse de rechercher le rééquilibrage, de nouvelles cohésions. Et demain, ceux qui auront à répondre devant les concitoyens, ce n’est pas le Président de la République, c’est bien vous, nous, élus régionaux.

 

Cette recentralisation des pouvoirs, cette mise sous tutelle des collectivités, comme l’a rappelé mon collègue Jean-Pierre Liouville, aura des conséquences durables sur l’ensemble des Politiques que nous voudrons demain prendre.

 

Vous nous l’avez rappelé, ce gouvernement veut visiblement la fin de la libre administration des collectivités inscrite dans la Constitution, alors même que ces dernières, et je veux le rappeler,  portent 70% de l’investissement public dans ce pays !

 

Derrière cette politique se cache une véritable idéologie : celle du laisser-faire, de cette croyance que le marché fait tout et organise tout, y compris le développement des territoires. C’est la fumeuse théorie du ruissellement, nouveau veau d’or du XXIe siècle, à laquelle nous sommes tous priés de croire.

 

Monsieur le Président, la France ne peut être résumée à un club de puissants, qui oublient celles et ceux qui ont besoin de la puissance publique. Celles et ceux dont le seul bien est la République, c’est-à-dire la puissance publique au service : De la liberté de choisir son destin, De l’égalité des droits, De la fraternité.

 

Alors oui, résolument, absolument la puissance publique doit être présente, en proximité et non en capillarité, pour permettre à chaque citoyen d’être digne, d’avoir son libre arbitre, de croire en soi et de croire dans l’autre. Bref, d’être un citoyen debout, libre, responsable et confiant.

 

Tous ces éléments fondamentaux, Monsieur le Président, tous ces éléments que vous venez à ma grande surprise de rappeler dans votre interventions liminaire devrait figurer dans la délibération que vous nous proposez dans la précipitation.

 

Tout cela Monsieur le Président devrait figurer dans la délibération que vous nous présentez….

 

A l’instar d’autres présidents de région, certain ont été cité  Renaud Muselier, Carole Delga et Hervé Morin. Pour ne citer qu’eux.

 

Au lieu de cela et en dépit des enjeux fondamentaux, vous nous présentez le « service minimum » de la défense de la libre administration…une délibération qui dans les faits cherche plus à concilier les équilibres de votre propre majorité qu’à affirmer fortement une prise de position politique.

 

Une délibération qui tient du vœu pieux : celui d’enjoindre l’Etat (le gouvernement) à respecter sa parole. Quand on lit les rapports Duron et Spinetta, Monsieur le Président, et vous l’avez rappelé l’avenir de la ligne 4, les moyens successifs mis sur le ferroviaire, les mesures prises en matière d’accompagnement des agriculteurs, l’avenir de la formation professionnelle. Permettez-moi de douter de la parole de l’Etat. Elle n’aura bientôt plus que la valeur  de l’encre.

 

Nous aurions aimé/attendu une délibération Celle qui consisterait à réaffirmer que le projet régional ne peut pas être bâti au service de quelques-uns, mais bien du plus grand nombre. Qu’il constitue une réponse immédiate et concrète à une population qui demande que les politiques publiques soient plus justes socialement et efficaces économiquement. Qu’à l’inverse d’une vision autoritaire, parisienne et comptable du territoire français, la Région demande à ce que son rôle soit confirmé « au quotidien ». que les moyens de son autonomie financière doivent être simplifiés.

 

 

Nous aurions souhaité/attendu que vous réaffirmiez que la Région n’a pas besoin d’un Etat tuteur ou censeur, mais d’un Etat partenaire sur le terrain.

 

Que vous réaffirmiez enfin ce qui renforce nos territoires renforce la France et réciproquement.

 

Intervention de Pernelle Richardot

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