Motion de soutien aux CIO

Brigitte Vaisse (57) a présenté la motion de soutien aux CIO.

 


Intervention de Brigitte Vaisse


Motion de Soutien aux CIO


 

Le 27 avril, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a présenté en Conseil des ministres son projet de loi relatif à la « Liberté de choisir son avenir professionnel ».

 

L'article 10 de ce projet de loi confie aux Conseils Régionaux la responsabilité de  « l'information nécessaire sur toutes les voies de formation ». Dans ce cadre, les personnels des directions régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP) seraient transférés de l’Etat aux Régions.

 

 

Au motif que l’information professionnelle ne serait plus de sa compétence, le Ministère de l’Education nationale a annoncé, sans aucune concertation, la fermeture des Centres d’Information et d’Orientation (CIO). En Région Grand Est, ce sont ainsi quarante-trois CIO qui sont menacés : 19 dans l’académie de Nancy-Metz, 14 dans celle de Strasbourg et 10 dans l'académie de Reims.

 

 

Au plan national, le réseau Onisep accompagne depuis toujours la politique du ministère de l’Education nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il élabore des supports d’information pour les jeunes en situation de handicap, pour les « élèves décrocheurs », l’égalité filles-garçons…

 

 

S’il apparait nécessaire de réfléchir à une nouvelle organisation de notre système d’orientation et une meilleure coordination avec les Régions, ce transfert menace, à brève échéance, l’activité de l’Onisep.

 

 

Les CIO constituent un service public de proximité, identifié par les élèves, les jeunes et leurs familles comme un espace accueillant et bienveillant et qu’ils garantissent l’accès à une information neutre et objective sur l’orientation. Ils ne doivent pas être supprimés, mais maintenus, réformés et dotés d’un véritable statut ainsi que de moyens supplémentaires pour mieux remplir leurs missions. Si l’article 10 prévoit que l’Onisep se coordonnera avec les régions et les services de l’Etat, comment cela sera t-il possible puisque l'Onisep perd son organisation en réseau et ses ressources humaines (200 agents environ en délégations régionales transférés sur 273 selon l'étude d'impact) mis à disposition des collectivités ou transférés ?

 

 

Tout cela traduit une grande impréparation de cette réforme de l’orientation. Nous sommes de notre côté convaincus qu’il faut renforcer le service public régional d’orientation (SPRO), en lien avec les ONISEP, et réfléchir à une meilleure coordination avec les actions des missions locales et des points informations jeunesse.

 

 

Cette réforme impréparée nous fait craindre une fragilisation et une marchandisation du service public de l’orientation. Elle a d’ailleurs reçu des avis défavorables du Conseil supérieur de l’éducation le 12 avril, du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche le 16 avril et a provoqué l’opposition des associations de parents d’élèves.

 

 

 

Ce transfert de compétences est également constitutif d’une rupture d’égalité d’accès à l’information sur l’orientation sur le territoire, car l’information se limitera aux frontières d’une région au moment même où l’on encourage la mobilité internationale. Rupture d’égalité également, car rien ne garantit que toutes les régions alloueront le même budget à leur service en charge de l’orientation et donc qu’elles délivreront la même qualité d’information pour chaque citoyen partout sur le territoire.

 

 

C’est pourquoi le Conseil Régional du Grand Est affirme que l’État doit continuer à assumer la responsabilité qui est la sienne, celle du maintien d’un service public d’orientation gratuit, un service de proximité, de conseil et d’accompagnement, aujourd’hui assuré par les 390 CIO.

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    SEVESTRE Marie Laure (mardi, 26 juin 2018 11:37)

    Bravo et merci pour ce soutien.