Cessons d'être les ravis de la crèche

Julien Vaillant (54) s'est exprimé sur le rapport annuel recensant les aides et régimes d'aides mis en œuvre sur le territoire du Grand Est - 2017.


Intervention de Julien Vaillant


Seul le prononcé fait foi

 

« Monsieur le Président,


Je vais tenter de faire mon boulot.


Je voudrais d’abord rappeler en préambule, que notre groupe avait voté positivement pour le SRDEII et l’ensemble des dispositifs s’y rapportant.

Ce rapport annuel est un exercice obligatoire, mais malgré tout il est matière à réflexion. 51M€ cela relativise une partie de votre démonstration et notre poids sur une compétence fondamentale qu’est le développement économique qui nous invite à ne pas définir la Région simplement comme un empilement de dispositifs et de schémas.

Sans la construction d’un récit politique ce sera le retour de la Région au niveau des établissements publics d’avant 1982. Sur ce point nous faisons trois propositions précises :

- Réengager l’animation politique du SRDEII, notamment le comité et le bureau de pilotage qui ne se sont jamais réunis depuis leurs mises en place ;

- Avoir un état des lieux  et un débat collectif sur l’avancée des pactes « Offensive  Croissance Emploi » avec les territoires

- Avoir enfin un portage politique clair par un vice-président dédié au développement économique.

A propos de récit politique, je voudrais quand même revenir sur la tonalité de nos débats depuis ce matin et particulièrement sur ceux de vos Vice-Présidents. Vous avez un tandem qui est formidable, c’est le tandem Sebeyran/Valence qui est extraordinaire, et malgré le respect personnel que j’ai pour eux, le discours « d’auto satisfaction permanent » m’interroge.

J’ai l’impression que vous avez raté des épisodes de la série. Alors je vais vous les rappeler :

- Dans la saison 1, Philippe Richert, votre tête de liste aux élections, puisqu’il faut gagner les élections pour pouvoir parler, n’a pas démissionné en raison d’un trop plein de réussite.

- Dans la saison 2, Jean Rottner ne pense pas que tout va bien, « il compose et c’est très difficile ».

Et nous prenons aussi notre part de responsabilités. Et moi je prends la mienne, car j’ai soutenu un gouvernement qui a mis en place une réforme qui était largement inaboutie, et qui participe aussi à cette situation. Mais de grâce, ne soyons pas collectivement l’hémicycle des « ravis de la crèche ». J’ai entendu Jean-Pierre Masseret aussi critiquer la décision prise par un gouvernement qu’il soutient par ailleurs.

Nous sommes tellement contents et sûrs de nous à vous écouter, qu’on a un débat depuis ce matin pour savoir si on va ouvrir au public notre hémicycle et notre session. Mais vous vous rendez compte de l’impasse démocratique dans laquelle on est collectivement ?  Vous vous rendez compte qu’on a passé trois ans à essayer de construire notre Région ? Et je pense que collectivement, pour l’instant, nous avons échoué. Les trois prochaines années, nous allons devoir les passer à essayer de ne pas la déconstruire.  C’est cela notre feuille de route dans un climat politique, ou effectivement, le populisme nous mord la nuque.

Alors moi, je voudrais faire une proposition concrète et je conclus là-dessus. Je voudrais qu’on fasse de cette faiblesse un avantage. La collectivité unique d’Alsace existe, elle est là, saisissons là, demandons l’expérimentation pour pousser plus loin la décentralisation, pour pousser plus loin la réforme, pour enfin faire que nous puisons contractualiser avec l’ensemble des territoires. C’est ce chemin là que nous devons emprunter. »

Écrire commentaire

Commentaires: 0