L'égalité, maintenant !

Emmanuel Recht (67) s'est exprimé sur le rapport annuel relatif à la situation en matière d'égalité Femmes-Hommes.


Intervention D’Emmanuel Recht


Le prononcé fait foi

 

« Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Simone de Beauvoir écrivait : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». Je ne peux m’empêcher d’y repenser alors que les droits des femmes sont bien trop souvent remis en cause, aujourd’hui, en Europe même.

Alors, dans cette société d’hommes, pour les hommes et par les hommes, après la vague #MeToo, le récent 6 novembre 15h35 et le futur #NousToutes, nous ne pouvons que nous réjouir qu’à notre initiative, vous ayez signé la Charte européenne en faveur de l’Égalité Femmes-Hommes dans la vie locale et que, depuis, vous ayez nommé un élu délégué à l’égalité et organisé des comités de pilotage réguliers, car ils ont permis le débat et, parmi les axes prioritaires, la mise en place d’un réseau de «référents égalité» et d’ateliers participatifs, mêlant élus et agents, afin de réussir à parler la même langue. Le projet du Plan d’actions allant lui aussi dans le bon sens. Parce qu’il s’agit bien ici de faire de notre région la collectivité cheffe de file en matière d’égalité et de lutte contre les stéréotypes.

Or, pour ce qui est plus précisément du rapport du jour, deux/trois choses.

D’abord, quelques efforts sont, sans doute, encore à faire dans notre Maison en ce qui concerne les fonctions d’encadrement, où les postes de direction dans nos services sont occupés à plus de 76% par des hommes.

Ensuite, si nous vous avions alerté sur, à notre avis, un manque de moyens alloués au prix de l’égalité et de la mixité, il y a aujourd’hui des perspectives intéressantes d’élargissement, même si nous pensons toujours qu’il faut en la matière continuer à bien valoriser les parcours individuels et donc augmenter le budget global des prix de ce volet.
Enfin, concernant les violences sexistes et sexuelles mises en exergue par le questionnaire, nous ne pouvons qu’être saisis, à nouveau, d’effroi et de colère. Ces chiffres, et au-delà des chiffres, ces réalités sont inacceptables. Nous ne pouvons plus faire comme si nous ne savions pas et encore moins continuer à laisser faire.

Alors, au moment où j’en termine, avec une pensée pour Sophie Pétronin, pour qui une banderole est installée depuis hier à la Maison de la région de Strasbourg, je veux répéter, au-delà de ce rapport, toute l’ambition et les devoirs qui doivent être les nôtres, parce qu’il en va de l’avenir et de la réalité de la promesse de notre pacte républicain, dont nos égales ne peuvent décidément plus demeurer, à bien des égards, des citoyennes de seconde classe.


Je vous remercie de votre attention. » 

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