Un manque d’ambition en matière de coopération internationale

Jacques Meyer (51) s'est exprimé sur les Nouvelles orientations de la politique de coopération internationale.


Intervention De Jacques Meyer


Seul le prononcé fait foi

 

" Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 

Enfin ! Enfin le document concernant les orientations de la politique internationale, annoncé depuis 18 mois nous est présenté. Mais on ne va pas s’en plaindre selon l’adage « mieux vaut tard que jamais ».

 

Tout d’abord, je vous précise, et pour éviter tout suspens, que partageant les quelques grands principes fondateurs de  la politique de relations internationales et de coopération, s’appuyant sur des valeurs humanistes et républicaines,  et ne voulant aucune ambiguïté en mêlant nos voix à ceux qui prônent le nationalisme, la peur de l’autre, le refus  de  solidarité,  nous voterons pour cette délibération.

 

Ce vote n’empêche pas cependant de faire quelques remarques et critiques.

 

Intitulé,  sans doute un peu  imprudemment « nouvelles orientations », «  nouvelle  approche de l’internationalisation », « politique repensée » car  on ne voit pas beaucoup de différences avec ce qui se faisait dans les trois anciennes régions, du moins dans les orientations, le document présenté est un bon état des lieux de ce qui existe, réaliste, mais aussi parfois cruel.

 

En effet si la partie solidarité et  coopération de co-développement est à porter à l’actif de la nouvelle région , et s’il faut reconnaitre que la fusion des organismes existant précédemment dans nos trois régions a été faite proprement (ce qui n’a pas toujours été le cas dans d’autres secteurs), il n’en est pas de même en ce qui concerne la coopération européenne de proximité, qui manque singulièrement d’ambition pour notre région qui est, rappelons-le,  la première région transfrontalière de France. Il aurait été  logique que la coopération transfrontalière fasse l’objet d’une attention toute particulière. Nous attacher à réduire les obstacles transfrontaliers, qui existent et sont nombreux,  viser à plus de  cohérence dans la coopération transfrontalière et donner plus de force à cette dernière. Notre Région devrait être pionnière,  novatrice, ambitieuse et ouverte sur cette question.

 

Cruelle réalité, aussi, en ce qui concerne les coopérations interrégionales.

 

Sur les 28 accords de coopérations hérités par la Région Grand Est, il est proposé le maintien prioritaire de 13 partenariats, 7 partenariats sont  déclassés au niveau « thématique » et les autres sont purement et simplement abandonnés. Ce qui d’autant plus regrettable qu’en même temps aucun autre partenariat, que ce soit au niveau d’une région européenne ou du reste du monde, ne nous a été proposé. En trois ans le bilan de l’exécutif  se sera donc résumé à l’abandon de nombreuses coopérations et à aucune nouvelle relation alors même que vous répétez sans cesse que notre Région est « profondément européenne » et que de nombreuses menaces pèsent sur l’Europe et ses institutions ; y compris le Conseil de l’Europe ainsi que celles concernant les questions fondamentales sur les Droits de l’Homme.

 

On est loin,  Mesdames, Messieurs, Chers Collègues de l’affirmation affichée dans la délibération d’une politique « volontariste ».

 

J’espère sincèrement que ce document poussera l’exécutif à un peu plus d’ambition sur le plan européen et international.


Je vous remercie de votre attention."

 

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