Une Région transfrontalière qui doit être le moteur du plurilinguisme

Hélène Colin (88) s'est exprimée sur la convention opérationnelle portant sur la politique régionale plurilingue dans le système éducatif sur la période 2018-2022.


Intervention d'Hélène Colin


Seul le prononcé fait foi

 

« La convention opérationnelle portant sur la politique régionale plurilingue dans le système éducatif en Alsace », soumise à notre vote, est fort intéressante ; elle l’est même tellement que notre Groupe aurait aimé que la politique régionale plurilingue ne concerne pas que l’Alsace, comme spécifié dans le protocole signé à Matignon, mais qu’elle porte, dès aujourd’hui, des ambitions pour tous les jeunes de notre Région transfrontalière qui devrait être moteur sur cette question.

De nombreuses études démontrent effectivement que les enfants qui maîtrisent deux langues profitent d’avantages cognitifs qui seront des atouts importants pour leurs vies personnelle et professionnelle futures.

L’apprentissage et la maîtrise de deux langues, quelles qu’elles soient – même s’il est vrai que notre territoire régional, par son histoire, sa dimension européenne et sa situation transfrontalière, a de fortes accointances avec la langue allemande – représentent un excellent atout pour le développement intellectuel et personnel des jeunes de notre Région – rappelons que les moins de 20 ans représentent près de 24% de la population du Grand Est. Le bilinguisme est aussi un atout indéniable sur le marché du travail, notamment à l’international. Il ouvre enfin l’esprit et permet une meilleure appréhension des différences culturelles.

 

L’auteur Michel SERRES et Amin MAALOUF, un autre prix Goncourt, en témoignent eux-mêmes : « Le bilinguisme est une école de tolérance et une voie de survie. Les langues véhiculent autre chose que des mots. Elles constituent d’une part, des marqueurs fondamentaux de l’identité, elles sont structurantes, d’autre part, de nos perspectives. Le bilinguisme permet d’acquérir ce qu’il faudra bien un jour appeler par son nom : un sens civique planétaire.

Dès lors que l’on a conscience des avantages et des forces du plurilinguisme, des potentialités qu’il peut offrir à la vocation touristique ainsi qu’à l’essor de notre Région dans le cadre d’une économie mondialisée, on ne peut que souhaiter le développer davantage encore, non seulement en direction de tous nos jeunes d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardenne mais aussi, à terme, en intégrant d’autres langues qu’il est possible à un enfant d’imaginer apprendre.

 

 

C’est pourquoi nous voterons POUR ce rapport, tout en regrettant que le travail de concertation que vous menez avec les autres académies n’ait pas permis l’avènement d’une telle convention sur tout le territoire du Grand Est dès aujourd’hui plutôt qu’en ce mi-mandat.

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