Intervention de Bertrand Masson lors de la venue de Madame la Ministre

Bertrand Masson (54) est intervenu devant Madame la Ministre, lors de sa venue.

 


Intervention de Bertrand MAsson


Seul le prononcé fait foi :

 

« Madame la ministre,

Monsieur le président,

Chers collègues,

 

A grands renforts de communication, le gouvernement rendait public le 29 octobre dernier une déclaration commune en faveur de la création de la collectivité européenne d’Alsace. Ce n’est que le 16 novembre que vous jugez utile d’en débattre avec les représentants élus des citoyens du Grand Est. 

 

Il a aussi fallu beaucoup insister pour obtenir un débat public.

 

Franchement nous méritons plus de respect, le Grand Est mérite plus de considération. Hier la majorité regrettait le « Grand Est bashing » mais force est de constater que c’est vous aujourd’hui qui l’organisez.

 

Ceci étant dit, nous souhaitons émettre quelques points de vigilance :

 

- nous n’accepterons pas que la loi institue une iniquité entre les territoires du Grand Est. Que les deux départements alsaciens veulent fusionner, très bien.

 

Croyez-vous madame la ministre que la coopération transfrontalière se limite à l’Alsace quand la Lorraine a trois voisins européens et que les Ardennes ont la Meuse en partage avec la Belgique ?

 

Qu’en est-il de l’application des schémas que nous avons voté (je pense particulièrement à ceux sur le tourisme et le développement économique, qui sont aujourd’hui particulièrement remis en cause) ou de ceux que nous voterons, comme le SRADDET ? A quoi, madame la ministre, cela sert -il de préparer aujourd’hui la fusion des trois comités régionaux du tourisme pour demain revenir en arrière puisqu'il est écrit que « la collectivité européenne d’Alsace coordonnera la politique du tourisme sur son territoire » ?

 

- le risque de fragmentation du Grand Est, pour citer un président de conseil départemental champenois, est devant nous. Cette inquiétude est confirmée par les propos du président du CD 67, affirmant, sur le perron de Matignon que cette création n’était qu’une première étape avant la sortie du Grand Est. 

 

Madame la ministre, si je vous entends bien, vous dites que dans la déclaration commune, il n’y a rien ! Vous dites, monsieur le président :

« La Région n’a rien lâché parce tout se fait à droit constant ». C’est faux puisque, dès les premières lignes de la déclaration commune que vous avez signée, il est écrit que la collectivité européenne d’Alsace sera enrichie de compétences supplémentaires et particulières. Et de ne citer en exemple que des compétences exercées par la région.

 

L’audace, madame la ministre, c’eut été d’envisager un approfondissement de la loi NOTRE en accordant aux régions les moyens financiers et réglementaires de porter des politiques volontaristes et de renforcer le droit à l’expérimentation, répondant à des besoins locaux, dans tous les territoires de la région. Voilà pourquoi nous réclamons depuis trois ans que soient mises en place des contractualisations avec les territoires, à l’inverse d’une centralisation excessive de la majorité régionale.

 

Madame la ministre, monsieur le président, chers collègues, après avoir passé trois ans à construire cette région, ne passons pas trois ans à la défaire. Sortons de ces débats mortifères, de ces débats qui nous empêchent de penser le dessein de notre région commune, dans l’intérêt des Champenois, des Ardennais, des Lorrains... et même des Alsaciens !

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Commentaires: 5
  • #1

    Yannick Oberrieder (vendredi, 16 novembre 2018 17:06)

    Mais pourquoi vouloir absolument maintenir les alsaciens dans une grande région qu'ils ne veulent pas ? Nous avons été intégré de force dans cette techno structure par François Hollande, nous voulons en sortir ! Est-ce si difficile à comprendre ? Nous ne marcherons jamais avec vous !

  • #2

    Petsch (vendredi, 16 novembre 2018 17:35)

    Les lorrains et champenois feraient mieux de se ranger à la réalité et de ne pas mener un combat d'arrière garde. La grande majorité des alsaciens n'acceptera jamais d'être retenu. prisonniers dans le grand est dans lequel ils ont tout à perdre. Même si l'on a demandé à quelques alsaciens opportunistes d'être les geôliers de leurs concitoyens.

  • #3

    Petsch (dimanche, 25 novembre 2018 14:58)

    Le grand est le résultat d'un déni de démocratie et d'équité et les socialistes ou ce qu'il en reste n'ont aucune leçon de morale démocratique à donner. Dans l'ouest de la France on a passé de 5 à 4 régions et dans l'est de 5 à 2 on voit quel est le sens socialiste de l'équite. Segolene Royal témoigne bien dans son livre lde quel favoritisme 'morale socialiste' ont bénéficie la Bretagne les pays de la Loire et le centre val de Loire. Quand à la vocation bilingue et frontalière du grand est hors Alsace et Moselle c'est une vaste blague dont on osé sans vergogne faire état. J'ai du respect pour Jaures et Blum mais pour le reste je dirais que l'essence du socialisme c'est le mensonge

  • #4

    Petsch (dimanche, 25 novembre 2018 15:09)

    On attend des départements de l'ex champagne qu'ils fusionnent pour ne former plus Qu un département Champagne et que les 3 départements exclusivement francophone De Lorraine fusionnent. Mais non ils restent repliés sur leurs clochers ou sur leurs minuscules mairies.

  • #5

    Petsch (lundi, 26 novembre 2018 12:36)

    Le caractère inacceptable pour les alsaciens du grand est s'illustre dans la politique touristique du grand est. Dissocier la destination Vosges de la destination Alsace c'est amputer L'Alsace d'un de ses principaux attraits et de son âme et de son territoire. Le. Prétexte à tout cela c'est qu'il ya 3 ou 4 coins touristiques Vosgiens dans le département des Vosges. C'est malhonnête.