Je suis Strasbourg

Pernelle Richardot (67) a pris la parole au nom du Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen suite aux événements survenus à Strasbourg mardi 11 décembre.


Intervention de Pernelle Richardot


Seul le prononcé fait foi

 

"Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Strasbourg a été frappée dans son cœur de ville et dans l’humanité qu’elle aime à partager avec ses habitants et tous ses visiteurs.

Les victimes de la tuerie de Strasbourg ont des noms, des visages et des histoires … ils sont n’en déplaise à certains d’ici et d’ailleurs … Barto, Kamal, Jeanne,…de 18 à 65 ans….ils ont été fauchés par la folie meurtrière d’un homme né à Strasbourg…qui a tué à Strasbourg…  la folie d’un homme… une folie imparable.

Aux victimes et à leurs proches je veux exprimer – au nom du groupe socialiste – notre profonde sympathie et notre solidarité.

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Pour Strasbourg, mardi soir était le temps de l’indicible, celui de la douleur, des larmes ….ce temps qui s’arrête et où chacun se met à chercher un proche, où l’on attend avec angoisse des nouvelles….et où l’on s’en veut terriblement du soulagement ressentit lorsqu’enfin on arrive à joindre l’absent….C’est le temps du confinement pendant des heures…dans la responsabilité et le courage ;

Mardi soir, c’était le temps du silence seulement brisé par les sirènes hurlantes, les pales des hélicoptères ….et je veux, ici, à mon tour rendre hommage aux policiers municipaux et nationaux, aux pompiers et aux services de secours ; À tous ces hommes et ces femmes qui ont servi les autres au milieu du chaos….

Mardi soir Strasbourg est venue rejoindre la longue et douloureuse liste des villes, Paris, Nice, Carcassonne, Trèbes, Marseille, Levallois – Perret, Orly, Saint Etienne du Rouvray… toutes frappées par le terrorisme.

Et puis, il y a le temps des jours d’après, monsieur le Président….celui où le bourdonnement habituel de la ville se fait chuchotement…celui où les lumières – symboles universels d’espoir - qui font la fierté de Strasbourg s’éteignent ;

Ce temps d’après c’est celui où la République fait bloc où la République devrait faire bloc. C’est le temps de la concorde politique, que seuls les démocrates et les républicains, visiblement connaissent.

A ce moment, où l’on retrouve un Président de Région de droite aux  côtés d’un maire socialiste parce que face à ce drame ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise.

A la tristesse et à la douleur qui nous accablent  ne rajoutons pas au travers de certain propos tenus ici la nausée et le mensonge.

Monsieur le Président, l’attaque de mardi soir, comme la profanation comme vous l’avez dit du cimetière juif de Herrlisheim participe tous deux au même objectif,  viser l’humanité.
 
Demain, la vie reprendra son cours, avec ses débats, nos désaccords. Ce qui fait vivre notre démocratie. J’en suis convaincue, demain notre démocratie devra faire face à un véritable défi que tous les républicains se devront de porter et construire : ce défi sera de revenir à un régime de la raison, de revenir aux principes des lumières pour combattre cet obscurantiste complotiste qui se propage tel un poison, et qui pourrait finir  par ruiner nos démocraties. "

 

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