Budget Primitif 2019 Lycées et apprentissage

Bertrand Masson (54) a donné notre avis sur le Budget Primitif Lycées et sur le Budget Primitif Apprentissage. 


Intervention de Bertrand MAsson


 

Seul le prononcé fait foi :

 

« A l’heure de toutes les transitions, dont celle que nous vivons aujourd’hui, les enjeux éducatifs y sont majeurs.

 

Vous avez fait du dispositif lycée 4.0 le fer de lance de votre politique à destination des lycéens et des apprentis du Grand Est. Avec un objectif majeur que vous répétez souvent « faire du Grand Est la première Région numérique de France ».

 

Apres 18 mois chaotiques de mise en œuvre et plusieurs réajustements intervenus, votre discours, il faut le reconnaitre, a évolué. Et vous semblez avoir enfin entendu certaines de nos remarques. Les premières fois que nous sommes intervenus sur ce sujet, vous disiez que finalement cela n’était pas le reflet de ce qu’il se passait. Et aujourd’hui vous nous dites que vous n’avez jamais nié les difficultés. Ecoutez, cette évolution est la bienvenue. Mais il faut maintenant passer du discours aux actes.

 

Vous avez, en effet depuis près de deux ans confondu outils et usages. Vous avez cru que le simple fait que les élèves aient chacun un ordinateur les rendait « familiers du numérique ». Il y a là une erreur originelle fondamentale.

 

A quoi cela sert-il d’avoir un outil si son usage est limité à cause de dysfonctionnements techniques récurrents ou en absence de formation et d’accompagnement aux nouveaux usages pédagogiques.

 

Vous avez cru que votre décision unilatérale entrainerait, comme par magie, une révolution dans les salles de classe. Mais l’éducation, vous l’avez oublié, c’est une affaire de femmes et d’hommes, d’élèves, de parents, d’enseignants qui ont parfois été oubliés.

 

Vous avez longtemps cru que nos alertes étaient posture politiques et vous vous rendez compte aujourd’hui, qu’elles n’étaient que le reflet de la réalité. Nous écouter aurait, peut-être, permis plus vite de réagir. Nous nous félicitons aujourd’hui que, en écho à notre demande, et à défaut d’un moratoire, qu’aujourd’hui même le CESER demande, après que nous l’ayons fait déjà lors du Débat d’Orientation Budgétaire 2018, la commission des finances a pris l’initiative, en lien avec la commission lycées apprentissage, d’une évaluation. Mais celle-ci de ne pourra bien évidemment pas se faire sans le rectorat. Monsieur le Président, vous l’avez beaucoup dit ce matin, en colère, tout n’est peut-être pas de votre faute. Mais cela est de votre responsabilité, celle de vous assurer que toutes les conditions étaient réunies pour un usage optimal de cet outil numérique.

 

Cependant de nombreuses questions restent en suspens pour l’avenir.

 

Dans le document budgétaire que nous examinons aujourd’hui, il est écrit « La Région a la volonté de migrer les derniers lycées en 4.0 dès 2019 ». Plus loin, dans le même document, il est écrit « une nouvelle phase d’un maximum d’établissements du Grand Est est envisagée pour la rentrée de septembre 2019 ». En commission, mesdames Guillemy et Hibour, ont dit que 3 scénarios étaient actuellement en étude en lien avec les rectorats. Et dans votre propos introductif ? Monsieur le Président, vous avez annoncé la généralisation du dispositif dans les 3 prochaines années. Et enfin dans le fascicule qui nous a été remis sur table concernant le budget 2019, il est écrit « tous les lycées seront techniquement équipés pour passer au lycée 4.0 ». Monsieur le Président, on n’y comprend pas grand-chose… et comme le dirait une camarade lilloise « quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ».

 

On ne peut voter ce budget avec une telle incertitude. J’espère que vous saurez assez vite la lever.

 

Je voudrais en cet instant me faire l’écho d’un courrier, Monsieur le Président, que vous avez reçu mi-novembre et auquel d’ailleurs vous n’avez toujours pas répondu, ni même adressé un accusé de réception, de la part d’une cinquantaine de parents et d’acteurs éducatifs nancéens. Ceux-ci mettent en avant, entre autres sujets sur le lycée 4.0, une question qui a été peu évoquée jusque-là : celui de l’impact de la surexposition aux écrans sur la santé des élèves. Je crois qu’aujourd’hui de nombreuses études ont confirmé ce risque qui pourrait être contradictoire aux objectifs du Conseil Régional en matière de lycée en transition. Il conviendrait là de mener une étude d’impact.

 

Je présenterai plus tard l’amendement que nous avons déposé sur ce sujet.

 

Merci."

 

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