Des intentions mais où sont les moyens dans ce budget ?

Brigitte Vaisse (57) est intervenue sur l'avenant à la convention d'exploitation TER Grand Est et le Budget Primitif 2019 Transports et Déplacements.


Intervention de Brigitte Vaisse


 

Seul le prononcé fait foi

 

" Ce matin, lors des débats, et une question n’a jamais été évoquée dans les présentations, c’est celle de la transition écologique et de l’enjeu climatique ! Et je ne l’évoque pas pour rester dans l’air du temps mais parce que cette question des mobilités impacte la question de l’aménagement du territoire et donc le service à ces mêmes territoires vécus comme abandonnés et qui crient leur désarroi aujourd’hui dans la rue !!

 

La question des transports propres et durables est le moteur de l’évolution des mobilités! Et leur développement, et prioritairement et en particulier, celui des transports collectifs gérés par le CR, participera au délaissement des modes de transports individuels. Et aux changements de comportements si nous sommes en capacité de proposer une alternative crédible et efficace.

 

Vous avez évoqué les incertitudes sur l’investissement et le soutien de l’Etat et le flou concernant la déclinaison des propositions contenues dans les rapports Spinetta et DURON. Le choix du CR de faire l’avance des fonds ou de se substituer à l’état, ne peut être qu’un palliatif forcément limité ! La relation avec la SNCF devra également être clarifiée et nous vous soutiendrons dans votre attitude de fermeté vis à vis de cette entité. Vous avez rappelé ce matin l’intérêt de notre position transfrontalière au sein des grands réseaux européens et internationaux. Vous avez rappelé aussi que la LGV EST a été financé en partie par les collectivités de notre territoire. Hors, on ne peut accepter l’évolution d’une offre sans concertation qui ne servirait que les déplacements dits rentables vers Paris et sous traiteraient le reste. Cela pourrait être anecdotique si derrière ne se posait aussi la question du maillage et des correspondances TER vers les territoires périphériques et ça relève de la compétence du Conseil Régional !

 

Le sentiment qu’il n’y en a que pour mes trajets pour Paris st réel exprimé quelques fois et malheureusement délétère.

 

L’urgence pour nos concitoyens usagers est de trouver de la convergence entre les modes de transport ferroviaire et routier, en comprendre le fonctionnement et surtout de voir maintenue ou recréée une offre là où elle est mise en péril ! Et nous sommes d’accord sur cette idée. Mais tout miser aujourd’hui sur la digitalisation ou le numérique pour répondre à cette attente, ne peut pas être l’alpha et l’oméga de l’accessibilité. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici. Trop de territoires ne disposent pas encore d’un accès internet de qualité, et la fracture numérique est encore malheureusement une réalité. D’autre part, la rationalisation des dépenses que vous évoquez dans ce budget pour dégager des ressources ne peut pas se faire au détriment de la présence humaine dans les gares ou les trains et qui reste nécessaire en termes d’information, de sécurité et d’accompagnement des personnes notamment en situation de handicap. Qui ou quoi pour les remplacer aujourd’hui et conforter l’offre d’accompagnement humain qui reste indispensable et soulage en temps réel.

 

Vous avez évoqué ce matin, Mr le PT, la nécessité d’une rupture dans nos manières de penser! Mais c’est bien aussi d’une rupture dont il faut parler pour appréhender les nouvelles formes de mobilité et de déplacements qui sont indispensables aujourd’hui ! Quand on parle d’investissements d’avenir, le champ des transports doit être prioritaire ! Et le fait que depuis des dizaines d’années, les structures de transport aient été laissées à l’abandon ne peut être le prétexte pour temporiser.

 

Nous saluons votre ouverture concernant la gratuité des transports scolaires pour les primaires. Il y a longtemps que nous sommes mobilisés sur ce sujet, rappelant que si l’instruction est un droit, les conditions d’accès à l’école le sont aussi. Nous attendons une position claire concernant cette disposition pour les années à venir, concernant les élèves du secondaire, à l’instar de ce qui se pratique en Meurthe-et-Moselle. On voit bien aujourd’hui combien la question de la gratuite des services publics de transport vient au centre des débats. Le nombre de collectivités qui s’y engagent ou y réfléchissent ne cesse de grandir. Et le GART (Groupement des Autorités Responsables de Transports) a lancé le 16 janvier une étude sur la gratuité des transports publics alors même que l’on sait combien cette institution était opposée de longue date à cette option. En cohérence, avec ce que je viens de dire, vous comprendrez que nous ne puissions pas accepter et valider l’avenant à la convention TER proposant une augmentation des tarifs. Nous voterons contre cet avenant.

 

On a aujourd’hui besoin de savoir quelles sont vos projets sur cette question.

 

On pourrait penser que ce je viens d’exprimer reste un discours convenu. Non! Certes je ne rentre pas dans le détail des chiffres (on l’a fait ce matin en réunion de commissions!) mais je veux surtout insister sur ce qui relève de l’urgence et l’horizon vers lequel nous devons tendre. Tout ce que j’ai évoqué est effectivement abordé dans ce budget en termes d’intentions ou de projets mais nous n’y retrouvons pas la traduction financière qui donnerait corps à vos propositions.

 

En l’état actuel, nous restons dubitatifs sur les décisions qui devraient traduire les intentions que vous affichez. C’est pourquoi notre groupe s’abstiendra sur ce document."

 

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