Proximité, accompagnement pour un accès facilité à la formation

Joëlle Barat(08) s'est exprimée sur le Budget Primitif Sanitaires et Sociales ainsi que celui relatif à la formation professionnelles.


Intervention De Joëlle Barat


 

Le prononcé fait foi

 

 

« Monsieur le Président, cher.e.s collègues,

 

Vous nous présentez un budget équivalent à celui de 2018.

 

Des contraintes liées au développement du processus d’universitarisation, à la suppression du concours d’entrée dans les Instituts de Formation en Soins Infirmiers auront des impacts budgétaires importants. Des ajustements seront donc faits, en fonction de ces données.

 

Notre groupe est sensible à votre volonté d’assumer les opérations immobilières nécessaires, dans un souci d’amélioration de l’appareil de formation et d’approches pédagogiques innovantes.

 

Certaines formations pour des métiers pourtant à forte insertion, n’attirent pas ou trop peu. Je pense entre autre à la formation aide-soignante.

 

Il nous faut donc continuer travailler à la promotion de ces formations, de ces métiers, en lien avec les instituts de formations, et les différents employeurs de ce secteur.

 

Nous voterons pour ce budget

 

Monsieur le Président,

 

Ce budget Formation Professionnelle s’inscrit dans un contexte législatif qui bouscule le champ de la formation professionnelle.

 

La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel nous propose une approche bouleversée, très libérale.

 

La monétarisation du Compte Personnel de Formation permettant par un simple clic d’accéder à une formation est un changement radical risquant d’aggraver les inégalités d’accès à la formation, faisant fi d’un élément essentiel, l’accompagnement qui reste à nos yeux, la clé de la réussite d’un parcours professionnel, surtout pour les personnes les plus éloignées de l’emploi.

 

D’autre part, en appuyant la formation sur la notion de compétences, nous changeons de paradigme.

Il reste encore beaucoup de flou autour de cette approche.

Quelle définition de la compétence ?

 

Travailler au développement des compétences suppose leur modélisation.

 

Si dans une approche métier, on peut définir clairement celles qui sont à développer et construire un référentiel, dans une vision de parcours, cela parait plus compliqué.

 

 

 

Et nous avons le sentiment que beaucoup reste à construire.

Les entreprises sont-elles prêtes à cette nouvelle approche ?

N’y a-t-il pas un risque d’appauvrissement des évaluations certificatives ?

 

Cette approche compétences doit s’inscrire dans une vision très globale du parcours des personnes, avec une articulation fluide emploi-Formation-vie personnelle.

 

Dans ce contexte, la lecture de ce rapport appelle quelques remarques, pointent des incertitudes, des manques, et du flou sur l’approche financière.

 

Monsieur le Président, le 20 octobre 2017, lors de votre discours d’installation, vous affirmiez votre volonté de permettre l’égalité des chances dans tous nos territoires. Cela passe par le maintien des offres de formation au plus près des personnes, dans une vision de service public. Nous rejoignons l’avis du CESER sur les menaces de fermeture de centres de formation de bassins d’emplois en forte tension. Cela est la conséquence d’une baisse massive de la commande publique régionale. Nous devons pourtant veiller à garder des centres au cœur des territoires. Nous pensons que d’autres pistes devraient être explorées en matière de financement des offres de formation, afin de maintenir une offre répondant aux besoins des territoires et des personnes, dans une approche globale.

 

De plus, nous réaffirmons ici notre soutien aux centres AFPA, centres de proximité, qui remplissent de véritables missions de service public, en ayant une vision globale de la prise en charge des personnes formées, et dont la pertinence des offres de formation n’est pas à démontrer.

 

Nous savons pourtant que les problèmes financiers et de mobilité sont les freins majeurs à l’accès à la formation.

 

Nous pensons également que dans une approche de parcours sécurisé la VAE devrait être portée de façon plus affirmée, de même des outils pédagogiques rapprochant les personnes de la formation devraient être mis en avant et développés, je pense à la Formation à Distance, par exemple.

 

Nous nous interrogeons quant au rôle des Maisons de la Région, dont vous faites un outil central d’intervention au service des territoires. Mais le périmètre artificiel de ces Maisons, ne représente pas la réalité des bassins de vie. Lorsque vous écrivez dans le rapport du Budget Primitif qu’elles s’appuieront sur le projet de territoire, nous vous demandons de quel territoire, de quel projet s’agit-il ?

 

De plus, nous pensons que le principe de subsidiarité peut devenir source d’inégalités. Sur l’aspect conjoncturel de la formation, il est en effet possible d’aller au plus près des territoires, mais pour ce qui est de l’axe structurel, l’échelon régional nous semble essentiel.

 

Enfin, nous regrettons le peu de lisibilité financière de ce budget. Nous nous interrogeons par exemple sur la ligne budgétaire consacrée à l’égalité ? Elle n’apparaît nulle part.

 

Monsieur le Président, nous nous abstiendrons sur ce budget. »

Écrire commentaire

Commentaires: 0