Un Budget sans acte fort

Jacques Meyer (51) s'est exprimé sur le Budget Primitif 2019 de la Région Grand Est.


Intervention De Jacques Meyer


 

Seul le prononcé fait foi

 

« Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Au commencement d’un débat budgétaire, on se doit de regarder la philosophie générale et le sens que l’exécutif a voulu donner au budget.

Le rappel, dans l’introduction du document budgétaire, de la situation très particulière que vit notre pays aujourd’hui, la déclaration liminaire que les ambitions fondatrices de notre mandature n’ont pour seul objectif que d’être au service du Grand Est et de ses habitants, l’accroissement important de la capacité budgétaire de notre collectivité auraient pu être l’occasion de donner un nouvel élan et une nouvelle dynamique à notre action.

Malheureusement, comme vous le reconnaissez vous-même « L’exercice 2019 est, je cite, dans la continuité de 2018 ».

Dommage, car l’actualité sociale inquiétante de notre pays, la persistance des difficultés économiques (en particulier le chômage), les menaces qui pèsent sur la cohésion et l’unité de notre région auraient dû pousser à un budget bien plus novateur et ambitieux, à se donner de nouveaux objectifs, bref à prendre un nouveau cap.

Or, en fait de changement de cap, le seul que je vois (et que je ne critique pas d’ailleurs) est celui de la politique en matière d’endettement.

Vous avez toujours proclamé, y compris les années antérieures les membres de l’exécutif lorsqu’ils siégeaient dans l’opposition, votre volonté de stabiliser voire de diminuer l’endettement, ce qui a été réalisé dans les exercices précédents. Il y a un an, vous rappeliez encore que, je cite « L’objectif est d’afficher un endettement annuel net de zéro. » Lors des OB 2019, vous nous avez écrit que la budget 2019 se construirait, je cite « en évitant d’engager un accroissement de son volume de dette … », Et maintenant vous prévoyez un accroissement de la dette de 40 M€.

Encore une fois, je précise que nous ne sommes pas hostiles à une évolution de position sur la dette, n’étant pas dogmatique sur le sujet, mais on peut regretter d’autant plus l’utilisation que vous faites  des marges de manœuvre acquises. Elles auraient pu servir à infléchir nos politiques dans un sens plus humain, plus social.

En particulier dans le domaine social et sociétal. Nos concitoyens ont exprimé clairement leur très forte attente pour une amélioration de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de vie. Notre groupe a estimé que notre collectivité devait prendre sa part dans l’effort national.

Nous ne pouvons pas en effet nous contenter de beaux discours comme dire que « l’actualité la plus récente révèle en contrechamp, l’importance du rôle des collectivités territoriales et singulièrement des Régions » et ne pas tirer les  leçons de cette actualité.

Les 125 millions d’euros de recettes supplémentaires devraient permettre aisément de répondre à l’urgence sociale. Et comme nous ne nous contentons pas de paroles en l’air, nous avons fait, à l’occasion du débat sur les orientations budgétaires, 5 propositions précises. Vous n’en avez intégré aucune dans le budget que vous nous présentez.

Cela ne vous étonnera donc pas que nous les représentions, cette fois-ci sous forme d’amendements.

Nous vous faisons donc 5 propositions fortes pour améliorer la vie de nos concitoyens.

D’abord un amendement à caractère financier sur la fiscalité, dont nos concitoyens ont exprimé clairement leur « ras-le-bol » de leur poids excessif et injuste. Nous proposons le gel de l’augmentation de la taxe sur les cartes grises.

 En mai 2016, la Région a opté pour une harmonisation progressive, étalée sur trois ans,  des tarifs de la taxe sur les certificats d'immatriculations. Il est envisagé pour 2019 de mettre un tarif de 42 €, ce qui représentera pour une majorité de nos concitoyens une hausse pouvant aller pour certains jusque 6% et sur un an et  20% sur 3 ans.

Cette taxe, comme l’indique le document budgétaire, est la  dernière ressource  dont nous fixons librement le taux.

Aussi il serait symboliquement désastreux qu’au moment où nos compatriotes expriment de façon aussi claire leur ras le bol fiscal nous augmentions ce taux. On ne peut pas  à la fois critiquer le gouvernement pour l’alourdissement du poids des impôts et taxes, dire que la pression fiscale a atteint en France un niveau inacceptable en France et simultanément  l’augmenter pour les Champardennais et les Alsaciens. Il y a là une contradiction forte sur laquelle je vous invite à réfléchir.

Ensuite quatre amendements pour aider les habitants de notre région dans leurs difficultés

1.    Transports scolaires gratuits

2.    Baisse des abonnements du TER (et non pas leur augmentation comme vous le prévoyez pour les lycéens

3.    Lycée 4.0 : Prise en charge de l’intégralité du coût des tablettes et ordinateurs

4.    Mise en place d’un fonds mobilité pour les jeunes


Ces différentes mesures auraient marqué une véritable prise en compte des préoccupations de nos concitoyens et auraient envoyé un signal fort de la volonté du conseil régional d’être un acteur majeur. Au lieu de cela vous restez, comme vous le dites dans la continuité et nous le regrettons.

Et ce ne sont pas les traditionnelles formules incantatoires « stratégie offensive », « volonté d’excellence », « politique volontariste », «  être leader, ... voir loin ... Région de référence »,  qui réussiront à masquer la réalité de ce budget. «

Car il y a un fossé énorme entre votre déclaration liminaire d’aujourd’hui et la Réalité de votre budget et c’est bien dommage.

Votre budget primitif ne répond pas aux attentes de la vie quotidienne et il n’organise pas le futur comme s’est écrit …

Il ne s’attaque pas aux inégalités sociales et territoriales."

 

 

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