Anticipation … chiche !!!

Jean-Marie Lalandre (88) a donné notre position sur Budget Primitif 2019 en Agriculture et Forêt. 


Intervention de Jean-Marie Lalandre


 

 

Seul le prononcé fait foi

 

 

Monsieur le Président, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Mes deux premiers mots seront pour vous, Monsieur le Président, vous avez dit hier « anticipation ». Je vous dis chiche

 

L’augmentation de ce budget est un premier pas, mais seulement un premier pas.

 

La Région Grand Est est, selon vos propos de 2018, la première région agricole de France. Relevons cependant que dans ce budget primitif avec 32,5 millions d’euros en crédit de paiement, pour le premier de la classe que nous sommes, ce montant est inférieur à celui du deuxième pour l’emploi agricole : la Région Occitanie qui, elle, y consacre 47 millions d’euro. Je gage que ces propos feront écho chez Pascale Gaillot et chez Patrick Bastian, que je tiens à remercier de leurs écoutes et que je ne trouve jamais, petit clin d’œil, aussi performants que lorsqu’ils écoutent nos propositions.

 

Nous partageons, en grande partie, les dispositifs mis en œuvre. C’est logique, car à votre arrivée aux responsabilités en 2016, vous n’étiez pas devant une page blanche.

 

En effet, avec sur notre territoire 104 000 emplois dans l’Agriculture, 54 800 emplois et 11 milliards de chiffre d’affaire pour la Forêt et 40 000 emplois dans l’Agro-alimentaire les anciennes régions avaient bien évidemment porté une attention soutenue à l’Agriculture et à la Forêt.

 

Votre rapport indique notamment, Monsieur le Président, que les dernières individualisations devraient intervenir au cours du premier semestre 2019 …

 

Pour la clarté des débats, rappelons qu’il s’agira là du terme de votre plan d’urgence … 2016 !

 

Heureusement, vous avez été plus prompt dans le soutien aux arboriculteurs victimes du gel fin 2017/début 2018.

 

Avec satisfaction, nous constatons que vous avez prêté une oreille attentive à notre demande originelle, en commission thématique, pour un accompagnement aux éleveurs suite au manque de fourrage relatif à la sécheresse. Grande satisfaction aussi pour les aides à l’agriculture de montagne, votées, et c’est un fait rare, à l’unanimité dans cette assemblée.

 

Dans la transparence, il est opportun de vous donner acte d’un volontarisme affirmé pour les filières Fruits et Légumes, de la Truffe, de l’Apiculture et du Houblon.

 

En quatrième item, dans votre présentation, Monsieur le Président, vous citez, la préservation des ressources. Cela n’a pas beaucoup été cité pour. Et c’est là dans cet aspect primordial que votre budget manque de précision.

 

Les responsables politiques doivent avoir une vision prospective, et faire leur maximum pour préserver l’avenir.

 

La première de ces ressources vitales, c’est l’eau !

 

Force est de constater que le changement climatique, seul Monsieur Trump, n’est pas au courant, est là et que les épisodes de sécheresse se multiplieront. Ici comme ailleurs, nul ne pourra dire : je ne savais pas.

 

Nous ne pourrons-nous contenter de plans d’urgence X,Y,Z.

 

La Région doit impulser, supporter fortement les agriculteurs, les forestiers qui développent d’autres pratiques, d’autres cultures, d’autres espèces. En un mot ceux qui anticipent.

 

L’activité agricole est à l’origine de l’émission de 30% des gaz à effet de serre ; de 70% de la consommation d’eau douce dans le monde.

 

Il faut environ 18 000 litres d’eau douce pour produire un kg de viande de bœuf, le maïs consomme huit fois plus d’eau que le sorgho. Les conditions de chaleur et l’expansion de cette plante ont permis malheureusement de constater chez les suidés sauvages jusqu’à 3 portées par an, de trouver des laies d’à peine 40 kg en gestation …

 

Il a fallu, dans des temps pas si anciens, arracher les haies, araser les talus, combler les fossés et maintenant l’on s’étonne devant les inondations, les coulées de boue, la violence des vents, l’appauvrissement de la faune et de la flore.

 

Il est vain et illusoire de croire que l’on peut soumettre, dominer la nature, elle sait nous le rappeler, apprenons non pas à la domestiquer mais à l’apprivoiser.

 

Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de mettre en cause les agriculteurs. Avec des revenus trop souvent dérisoires eu égard à leur somme de travail, des risques accrus pour leur propre santé, ils sont victimes/otages d’un système devenu fou, et que nous élus nous devons amender.

 

Pressurisés, sans relâche, par des lobbies tels que fabricants d’engrais, de produits phyto sanitaires, de matériels, bancaires, semenciers et des grandes chaînes d’abattage et de distribution.

 

Lobbies qui, in fine, gagnent d’avantage que celles et ceux qui produisent.

 

Nous ne voulons pas opposer ici ; Monsieur le Président, les différents modèles agricoles, reprenons vos propos d’hier Monsieur le Président « anticipation ». Nous vous demandons plus d’anticipation, plus de volontarisme dans une nécessaire adaptation agricole et forestière aux possibilités durables de la nature.

 

Le temps m’est malheureusement compté, nous vous invitons et nous comptons sur Monsieur Gremillet en particulier, à une grande prudence sur la géolocalisation de l’expansion du peuplier, espèce grande consommatrice d’eau, dont le système racinaire assèche les nappes phréatiques. Nous ne sommes pas contre ce plan peuplier, mais nous disons attention.

 

La crise malheureusement de l’épicéa doit, nous alerter. Il y a des risques que nous connaissons à l’avance, et d’autres moins comme la maladie des frênes.

 

Concernant le travail dans le bois, seulement 17 entreprises de première transformation soit 1.5 par mois, mais c’est surtout dans la deuxième transformation source de valeur ajoutée, d’emplois que nous attendons un effort significatif, un effet levier du Conseil Régional.

 

Pour conclure, à l’instar de nombreux peuples notamment d’Amérique du sud prenons soin de PACHAMAMA, notre mère à tous : la terre.

 

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