Répondre aux nouveaux défis de notre jeunesse

Emmanuel Recht (67) s'est exprimé sur le Budget Primitif 2019 Jeunesse.


Intervention d'Emmanuel Recht


 

Le prononcé fait foi

 

« Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

En matière de jeunesse, je pourrais vous dire que nous partageons et soutenons globalement les politiques et différentes initiatives que vous menez. En particulier quand vous reprenez parfois des dispositifs qui avaient été imaginés avant, en Lorraine notamment, comme sur l’entreprenariat des jeunes, ou quand a fortiori vous les améliorez. Je pourrais aussi vous dire, parce que dans l’opposition, et pointer les limites de tel ou tel dispositif. Ou parce que dans l’opposition constructive, au contraire, vous féliciter pour votre travail concernant les missions locales ou l’élargissement du précieux partenariat avec le Mémorial de la Shoah concernant le voyage d’études à Auschwitz. Ou encore proposer un fonds mobilité comme le fera tout à l’heure ma collègue Hélène Colin. Mais, ce que je voulais surtout vous dire, dès le début de cette intervention, c’est que nous voterons pour ce budget jeunesse.

 

Mais comme, après cela, il me reste encore un peu de temps, pour une fois, pourquoi ne pas en profiter pour aller un peu plus loin et nous demander, ensemble, vu la complexité du sujet, sans malice, ni arrière-pensée, à l’heure où la jeunesse est de plus en plus précarisée et déconsidérée, à quel point, collectivement, nous sommes bien en phase avec les enjeux actuels et les nouveaux besoins ?

 

Parce qu’en la matière, n’est-on pas vite un peu dépassé dans notre compréhension de la jeunesse, dans sa diversité, ses besoins, ses rêves ou ses envies ? Une jeunesse qui évolue souvent plus vite que les politiques qu’on essaie d’imaginer pour elle ? Ne doit-on pas pour cela imaginer de nouveaux cadres pour mieux comprendre, écouter et construire, des manières plus souples, sans cesse adaptées aux nouveaux modes et lieux de communication et de vie ?

 

Ce que nous savons collectivement néanmoins, parce que cela conditionne tout le reste, c’est que l’objectif et la raison même de toute politique jeunesse, c’est l’accès à l’autonomie, gage de l’émancipation professionnelle et personnelle. Nous savons aussi que cette course à l’autonomie est une course d’obstacles et qu’il est facile de trébucher sur chacune de ses haies. Nous avons même compris qu’il fallait mieux admettre le droit à l’erreur, voire les vertus de l’échec chers au philosophe Charles Pépin. Nous savons enfin qu’il ne faut jamais hésiter à faire confiance à nos jeunes, jamais hésiter à leur confier des responsabilités parce qu’ils relèvent toujours le défi au-delà même des espoirs et des attentes.

 

À ce titre, je ne peux m’empêcher de revenir un instant sur le Conseil Régional des Jeunes. Vous le savez, je suis de ceux qui connaissent et reconnaissent le travail et l’engagement de nos jeunes conseillers et des équipes. Je suis aussi de ceux qui sont plutôt impressionnés par les propositions qui ont pu être faites, comme celle du Festival Régional de l’Engagement. Je suis enfin surtout de ceux qui n’hésitent pas à défendre le dispositif «Expériences de jeunesse», parce qu’il démontre que les jeunes sont parfois plus durs, plus pertinents et plus exigeants que nous.

 

Or, en partant du premier bilan qu’on peut faire précisément d’«expériences de jeunesse», ce que je crois, c’est que, finalement, on ne les utilise peut-être pas assez. Ne pourrait-on pas justement leur donner plus de moyens, de responsabilités et de libertés pour leur permettre d’encore plus nous étonner, nous bousculer ?

 

Avec des jeunes et des interventions dans toutes les commissions, pas seulement en jeunesse et en lycées, afin de mieux proposer et imaginer. Avec pour chaque projet les concernant, vu la transversalité du sujet, pourquoi pas, un «indicateur jeunesse» de la mesure.

 

Et pour aller encore plus loin, ne pourrait-on pas aussi s’appuyer sur votre nouvel axe «engagement et citoyenneté », pour transformer le Conseil Régional des Jeunes, pour repousser ses murs, en le démultipliant dans ses représentants, ses lieux, ses moyens et ses consultations, notamment numériques ? Et en la matière, ne devrait-on pas envisager d’inscrire ces consultations dans la durée, et consacrer ainsi le rôle de chef de fil de la Région, autour d’assises permanentes de la jeunesse ou de dialogues structurés territoriaux, par le biais de l’animation des Conférences Territoriales de l’Action Publique et, pourquoi pas, matérialisé par un contrat jeunesse pour chaque bassin de vie de notre région ?

 

Telles sont quelques pistes, parmi d’autres, que je voulais me permettre de soumettre à notre réflexion collective, afin de continuer à relever ce défi passionnant d’une jeunesse, complexe et mouvante, mais toujours en quête d’autonomie, de volonté de participation et de responsabilité.

 

Monsieur le Président, mes chers collègues, je vous remercie ».

 

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