Toujours plus de moins !

Jean-Marie Lalandre (88) a donné notre position sur Budget Primitif 2019 en Aménagement des Territoires. 


Intervention de Jean-Marie Lalandre


 

Seul le prononcé fait foi

 

 

«Monsieur le Président, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,                                 

 

 

 

Nous sommes réunis ce jour pour examiner le Budget Primitif 2019 de l’aménagement des territoires, il s’agit là de l’avant-dernier concernant une année pleine de votre mandature.

 

 

 

Donnons tout d’abord un coup d’œil dans le rétroviseur : en 2016, vous étiez contraints de maintenir les budgets agglomérés des 3 anciennes régions, en 2017, vous avez diminué de 30% le fonctionnement du budget de l’aménagement du territoire. En 2018, vous avez amputé celui-ci de 9M€. En 2019 nouvelle coupe budgétaire de 10M€ dans le soutien aux territoires et ce malgré une augmentation de près de 12% de votre budget général.

 

 

 

L’analyse du CESER expliquant que cette baisse, qu’il reconnait, est dû à l’avancement du chantier THD n’enlève rien au fait que le développement territorial est réduit d’un montant important et aucune acrobatie sémantique n’y changera rien.

 

 

 

Malgré vos déclarations permanentes d’auto-satisfaction conduisant même à une auto-persuasion, nous constatons dans la réalité que vous ne consacrez que 2.70 €  pour 100€ de budget. L’optimisme des discours ne saurait masquer cette réalité. La faiblesse de ce choix financier tend à prouver que vous n’avez pas encore pris la réelle mesure de l’importance de l’aménagement des Territoires. Sur lesquels les habitantes et les habitants de notre Région naissent, travaillent, se divertissent, rient, pleurent en un mot y vivent

 

 

 

Voici pour l’aspect strictement budgétaire concernant l’aménagement des territoires.

 

 

 

Un examen attentif et approfondi démontre que vous n’avez pas de réelle politique transversale concernant l’aménagement des territoires. Notre analyse révèle que l’empilement continu de vos dispositifs est la preuve incontestable de nombreux trous dans la raquette.

 

 

 

En fait, vous réparez, vous comblez en urgence, les différents manques de votre stratégie de développement territorial. C’est malheureusement d’autant plus vrai que, fréquemment vous devez tordre le bras à vos propres règlements. Ainsi par exemple, le dispositif Espace Urbain Structurant, avec le dépassement du plafond des 3M€ sur le mandat ou encore l’attribution de 1M€ sur un seul projet.

 

Même dans le SRADDET, après pourtant un long temps de travail, concernant la réduction de la consommation foncière (règle 16), vous en êtes réduits à supprimer la seule règle réelle, car sous certaines conditions, plus aucun ratio prescriptif ne s’imposera.

 

 

 

Dans votre présentation, vous n’hésitez pas, encore une fois en autosatisfaction, à glorifier l’existence des Maisons de la Région, allant même jusqu’à affirmer qu’avant vous, aucune des 3 régions n’avait fait preuve d’ « autant de proximité et de visibilité ». Vous avez certes mis en place des contenants, mais pour quels contenus ? Rappelez-vous que vous avez supprimé plus de 50% de l’aide à l’emploi à l’ingénierie des territoires

 

 

 

En Lorraine, il existait une politique de contractualisation avec les forces vives et pas seulement les collectivités territoriales, à travers les CADT (Contrat d’aménagement des territoires) et les CPLT (Contrat partenariat Lorraine Territoire).

 

 

 

Depuis 4 ans, nous n’avons de cesse de réclamer, au nom de l’efficience, une contractualisation spécifique à chaque territoire composant notre grande région. Il s’agit là d’un acte essentiel afin que les différentes problématiques spécifiques soient prises en compte.

 

 

 

Je vous rappelle que le CESER, dans son avis sur le SRADDET nous rejoint en déclarant : « le Conseil Régional devrait porter une attention particulière aux devenirs des territoires ruraux qui auraient dû avoir plus de place dans la stratégie du SRADDET ». Voici Monsieur le Président une autre phrase du CESER que vous devez prendre en compte.

 

 

 

L’empilement des dispositifs, le non-respect de ces derniers, l’absence de contractualisation, le soutien trop faible aux espaces ruraux sont les raisons majeures de votre politique de guichet.

 

 

 

Ceci est tellement vrai, que très récemment vous avez fait paraître une annonce de recrutement concernant un directeur ou une directrice en charge de la cohésion, qui stipule : « la direction est en charge d’animer la relation entre la Région et les territoires qui la composent dans l’optique de passer, je cite « d’une relation de guichet à une contractualisation globale ».

 

C’est une intention louable, mais malheureusement la traduction, tant sur le plan politique que budgétaire, n’apparaît pas dans votre budget.

                            

En conclusion, nous vous demandons, une rupture totale, comme à Paris, d’une politique territoriale élaborée sans concertation. Une politique territoriale qui vient d’en haut, alors qu’elle devrait faire l’objet d’une co-construction avec les acteurs, tous les acteurs des territoires. Une façon de procéder qui n’est plus acceptée par nos concitoyennes et nos concitoyens, lesquelles souhaitent d’une part, être plus participatifs et exigent de notre part, nous élus, un respect des règles que nous édictons.».

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0