Ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires

Intervention de Brigitte Vaïsse (57) sur l’ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires. Notre groupe propose la création d'une régie publique !


Intervention de brigitte vaisse

 

Seul le prononcé fait foi

 

" On a le sentiment d’être dans une impasse en terme de maintien ou de développement du transport ferroviaire , essentiellement liée à l’incurie financière et aux choix politiques précédents de l’état , de l’entreprise SNCF ou des collectivités territoriales, et aux questions de maintenance ou de pérennisation d’infrastructures nécessaires à la vie des territoires tout à la vie quotidienne de nos concitoyens.

 

C’est un lieu commun que de dire combien la question des infrastructures et de la mobilité en général est stratégique pour ne laisser aucun territoire, aucun citoyen en « périphérie » ou en « déshérence » comme on l’entend fréquemment en ce moment dans les commentaires face à la crise des gilets jaunes. Comment ne pas laisser mourir à petits feux ces territoires ruraux ou périphériques des zones urbaines ou métropolitaines faute de voir s’y installer ou s’y maintenir de l’activité économique par manque d’infrastructures de transport?

 

Nous partageons ce constat pointé dans tous les diagnostics en particulier ceux évoqués dans le SRADDET.

 

Nul n’ignore non plus l’enjeu climatique et la nécessité d’une révolution culturelle dans nos modes de déplacement qui ne seront plus majoritairement individuel mais collectifs !

 

Une des solutions proposées est donc l’ouverture à la concurrence et vous nous proposez deux lignes ferroviaires pour commencer à répondre à ces enjeux : La ligne Nancy-Vittel-Contrexéville et la ligne Bruche-Piémont-Vosges.

 

Le 1er segment incluant régénération des infrastructures, maintenance des voies et exploitation et pour le second, seulement un marché d’exploitation des services. Nous considérons aujourd’hui que ce pari est tout de même risqué puisque dans les deux cas, tout va dépendre de la participation financière de l’état pour la régénération des voies ferrées. Et je rappelle que la région s’est déjà substituée à l’état (en espérant un hypothétique remboursement) en avançant le financement de l’électrification de la ligne 4 !

 

Si cette voie devait être mise en œuvre, nous serions extrêmement vigilants, dans le cadre de cet appel à des opérateurs privés et donc de la mise en place de DSP, au cahier des charges « blindé » juridiquement et aux conventions qui devront donc être rédigées et surtout à la qualité du service proposé aux usagers qui ne pourra être qu’exemplaire et incitative , en particulier en terme de sécurité et de coût. L’enjeu est d’augmenter le nombre d’usagers et on n’y parviendra seulement si le nouveau service rendu est supérieur à celui qu’on abandonne.

 

La collectivité devrait être particulièrement vigilante sur le fonctionnement de ces expérimentations à travers des clauses de revoyure fréquentes et au minimum annuelles. Et nous sommes opposés à une pénalisation des usagers qui monteraient dans un train sans titre de transport faute de machines en état de marche dans les gares ou haltes ferroviaires ou faute de maîtrise de l’outil numérique .Et la mise en place , à l’instar de ce qui se passe en Allemagne , de guichets automatiques à l’intérieur des rames , est une bonne solution.

 

La qualité de service c’est aussi la présence physique d’agents dans les trains pour des questions de sécurité et de service (infos, événements inopinés, retard substantiel etc...)

 

Enfin, la question du coût du billet participe au pouvoir d’achat et doit donc inciter à laisser sa voiture quand on en a une !

 

Alors, face à ces enjeux et questions importantes, nous avons une proposition à vous faire : Notre groupe vous propose de laisser à la puissance publique, aux élus et non au marché, la gestion de la mobilité ferroviaire dans notre région, par LA MISE EN PLACE D’UNE RÉGIE PUBLIQUE, COMME LA LOI VOUS Y AUTORISE, et D’ÊTRE AINSI VOTRE PROPRE OPÉRATEUR FERROVIAIRE.

 

Puisque la puissance publique apporte les moyens financiers, il est normal qu’elle garde la main et une régie publique régionale, voire une régie publique transfrontalière, vous en donnerait les moyens.

 

Bien sûr que nous sommes confrontés à des décisions pragmatiques mais l’ouverture à la concurrence est un choix politique que nous ne pouvons pas cautionner.

 

" NOUS FAISONS LE CHOIX D’UNE MOBILITÉ DURABLE QUI DOIT RESTER UN SERVICE PUBLIC " ! "