Pour une harmonisation des politiques régionales !

Jacques Meyer (51) est intervenu sur le règlement d’organisation et de gestion du temps de travail des agents régionaux.


Intervention de Jacques Meyer

 

Seul le prononcé fait foi 

 

" Monsieur le Président, je ne doute pas que cette délibération ait demandé beaucoup de temps aux élus et aux services concernés et qu’ils l’ont travaillée honnêtement et sérieusement.  Mais sa conception même repose sur trois principes pernicieux que je souhaite exposer ici. Je m’explique :

 

1°) D’abord je pense que l’on confond unifier avec uniformiser. S’il est juste, par souci d’équité,  de vouloir unifier les dispositifs et pratiques issus des trois anciennes régions, c’est une erreur de vouloir uniformiser et non simplement harmoniser. Comme vous l’avez fait pour beaucoup d’autres sujets tels l’économie, l’Université, et bien d’autres, vous avez uniformisé, aux dépens de l’Histoire de chaque territoire, et de ses spécificités.  Là où une simple harmonisation, progressive dans le temps,  pourrait se passer sans heurt, vous avez imposé partout la même méthode, le même moule ; au risque, Monsieur le Président, de donner l’image d’une attitude très centralisatrice, et ce au moment où notre République qui pendant des siècles a eu une attitude extrêmement jacobine, commence enfin à accepter la diversité de nos territoires,

 

Le danger, Monsieur le Président, est que de plus en plus de nos concitoyens regrettent le temps jadis, le temps où ils avaient une collectivité régionale plus petite, mais de proximité,  peut-être moins efficace mais plus proche de la réalité vécue par  ses habitants.

 

2°) Deuxième erreur : Toutes les politiques d’unification qui ont été menées depuis la création de la région Grand Est, que ce soit la fin de la gratuité des manuels scolaires, la taxe sur la carte grise, et bien d’autres encore, elles se sont toutes faites dans le même sens, celui de faire des économies. On a nivelé par le bas, alors que l’on aurait pu avoir l’ambition de tirer vers le haut l’ensemble de nos politiques. C’est une erreur.  Car faire des économies, on le sait tous, c’est avant tout les plus modestes qui en souffrent. Et faire des économies sur le dos des plus modestes, c’est une grave faute politique, on l’a vu encore récemment en France, erreur funeste qui ne peut qu’encourager les extrêmes.

 

3°) Troisième erreur : des engagements précis avaient été pris vis-à-vis des personnels lors de leur transfert de la fonction publique d’Etat vers la fonction publique territoriale. Et des engagements pris non pas simplement par des exécutifs, mais par des assemblées plénières unanimes. Et si nous n’avions pas pris ces engagements, ces personnels n’auraient pas opté pour venir dans nos régions. Revenir sur  les engagements,  ne pas respecter la parole donnée, c’est grave, encore plus grave pour des élus, et funeste surtout en ces temps où  la méfiance, la défiance de nos concitoyens envers leurs élus est très forte. Là encore c’est favoriser les extrêmes et le populisme.

 

Nous défendrons d’ailleurs  tout à l’heure un amendement à ce sujet.

 

 

Monsieur le Président, je sais que le Comité Technique ne donne qu’un avis et que vous pouvez passer outre au fait qu’aucune organisation syndicale n’approuve ce texte ; je sais qu’ici une majorité de collègues vous soutienne et que vous pouvez vous en contenter. Mais un règlement concernant les personnels a toujours  beaucoup plus de force et de poids s’il recueille l’accord favorable des syndicats et l’assentiment d’une très large majorité de notre assemblée. "


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