La Situation des hôpitaux

Joëlle Barat (08) a posé une question au Directeur Grand Est de l'Agence Régionale de Santé. 


intervention de joelle barat

 Explication de vote :

 

Seul le prononcé fait foi

 

« Monsieur le Directeur,

 

Quel avenir pour l’hôpital public ? Que seront ces hôpitaux de proximité voulus par la loi « Ma Santé 2022 », quelles répercussions pour nos territoires et ses habitant.e.s ?

 

Nous craignons la fermeture encore et toujours de services de chirurgie et de maternité. D’ailleurs Monsieur le Directeur, faites-vous, par exemple, l’évaluation des accouchements hors structure de soins ?

 

Alors que les discours de nos dirigeants appellent à un parcours coordonné des soins nous assistons à la destruction de notre système de santé et particulièrement du service public hospitalier.

 

Le gouvernement écrit noir sur blanc, dans le projet de loi de finances adopté en conseil des ministres : « La sécurité sociale prendra à sa charge le financement des mesures d’urgence en faveur du pouvoir d’achat ».

 

Les arbitrages pour 2020 sur l’Objectif National de Dépenses d’Assurances Maladie (ONDAM) sont vécus comme une douche froide par les professionnels. Les établissements de santé vont encore servir de variable d’ajustement avec un transfert du déficit de la Sécurité Sociale vers les hôpitaux.

La qualité et la sécurité des soins se dégradent, les professionnels hospitaliers au travers de leur mouvement expriment inquiétude et épuisement.

 

L’hôpital, depuis presque 20 ans est traité comme une entreprise commerciale sommée d’augmenter son activité et de « travailler à flux tendu » afin d’être rentable. Nous expliquer que l’hôpital doit être rempli à 100% comme un hôtel, est un non-sens. Il faut arrêter de fermer des services, arrêter de tout concentrer dans des méga-centres. L’hôpital c’est le service public par excellence, pour la population, dans un souci d’égalité, de fraternité et d’humanisme. Ces valeurs se sont perdues au profit d’une marchandisation à tout crin.

 

Dans le même temps, l’augmentation de l’activité hospitalière entraine une baisse des tarifs de financements.

 

Depuis plus de 15 ans, s’opère une diminution des lits, une diminution des durées de séjour quitte à faire revenir les patients, si bien que le problème majeur des urgences est devenu le manque de lits en aval pour les 30% des patients arrivés aux urgences nécessitant impérativement une hospitalisation.

 

Et cela, sans compter l’augmentation de la population et la chronicité des pathologies liées au vieillissement.

 

Nous manquons cruellement de lits en soins de suite, notamment en oncologie.

 

Nous espérons que le fameux « virage ambulatoire » devenu dogme, ne consiste pas à mettre les malades à la rue.

 

Alors, Monsieur le Directeur, assistons-nous à la mort programmée du service public hospitalier ? "

 

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