Propos Liminaire

Pernelle Richardot (67) a introduit la Séance Plénière pour le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen.


Intervention de Pernelle Richardot


 

 

Seul le prononcé fait foi 

 

" Monsieur le Président,

 

A défaut de débattre des orientations budgétaires, cette session abordera la question des services publics et donc cette question fondamentale du modèle de société que nous voulons ou non porter en région, de cette capacité que nous aurons ou non de faire région.

La période de défiance que nous vivons vis-à-vis de nos institutions; les fractures territoriales, le sentiment d’abandon et de déclassement que nous entendons, doivent raisonner en nous comme un appel à réfléchir, à interpeller et à agir.

 

A Réfléchir, chers collègues,

 

pour être force de propositions dans les débats qui s’annoncent. Je pense ici tout particulièrement à la Loi 3D et donc à cette nouvelle étape de décentralisation mais aussi de déconcentration annoncée. 

 

Cette nouvelle loi devrait nous permettre demain de FAIRE et d’AGIR, notamment avec le 3ème D, celui de la différenciation.  

 

A entendre le discours du 1er Ministre à Bordeaux, à découvrir les premières orientations du PLF, permettez-nous d’en douter.

 

N’ayons pas peur de le dire : nous faisons face à une véritable entreprise de recentralisation ; celle-ci s’accompagnant d’une « vente à la découpe » des politiques publiques ; Il manquera quelques 300 millions d’euros de recettes aux collectivités locales pour FAIRE en 2020. C’est cela la réalité !

 

Service public de santé abandonné, Finances publiques démantelées, fonds européens incertains, pilier agricole abandonné, apprentissage…autant de sujets déterminants pour le développement et l’attractivité de notre Région et sur lesquels nous devons nous exprimer !

Quant au CPER : il ne peut être un contrat permettant simplement d’amener les collectivités territoriales à financer des opérations qui ressortissent aux compétences de l’Etat. 

 

A lire la note de cadrage du 1er Ministre chacun comprendra que nous n’aurons gère le choix que de nous soumettre à la loi imposée. Quel recul pour un monde qui se disait « nouveau » !

 

Face à ces casses territoriales annoncées, Monsieur le Président, je suis convaincue que le rôle de notre assemblée régionale est plus que jamais essentiel :

 

Essentiel pour peser face à un Etat clairement centralisateur, en exigeant, avec le poids qui est le vôtre une nécessaire clarification des responsabilités, des compétences et des moyens ; A ce propos, votre silence assourdissant après Bordeaux, et encore cet après-midi, m’inquiète et je n’ose l’interpréter à l’aune d’enjeux électoralistes locaux.

 

Il est bien de notre responsabilité d’interpeller le Gouvernement sur ses défaillances et ses contradictions.

 

Ce n’est pas là une question d’étiquette politique mais bien, deux visions du territoire qui viennent à s’opposer : une vision horizontale la girondine contre une vision verticale jacobine portée et incarnée par du Président de la République et son gouvernement.

 

Le rôle de la Région va devenir essentiel, parce qu’après la réforme institutionnelle promise, les élus locaux n’auront plus aucune courroie de transmission, aucun levier et seules les régions seront alors en capacité d’être à l’interface entre le niveau national centralisé et une proximité que nous savons essentielle dans le portage politique de politiques publiques structurantes ;

 

Agir, Monsieur le Président,

 

Cela passe peut-être par les Maisons de la Région mais qui pour l’instant, si l’on en croit le rapport de la CRC, elles ne sont pas pleinement intégrées à un processus de décision sur les territoires. 

 

Agir, ce n’est pas juste multiplier les grenelles des mobilités, mais bien « atterrir » en co-construisant les fiches techniques à la sortie de ces grenelles de manière à pouvoir porter des politiques de mobilités efficaces et non morcelées à l’échelle de l’ensemble du territoire Grand Est.

Agir c’est signer des POCE (Monsieur le Président) sans mettre des structures « chapeaux » dans lesquels les partenaires sont tenus à l’écart ; C’est accepter d’animer véritablement les instances de gouvernance partenariale annoncées afin d’éviter le « stand – By » sur des projets faute de réponse ou de participation active de la Région.

 

Agir enfin, Monsieur le Président, ce n’est pas multiplier les Etats Généraux sans portage politique mais contractualiser, et territorialiser des politiques régionales. Nous demandons des conférences portées politiquement d’un bout à l’autre, elles sont prévues par la loi. Vous n’avez jamais véritablement mises en œuvre dans le Grand Est." 

 

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