Egalité femmes-hommes : les moyens dédiés ne sont pas au rendez-vous

Joëlle Barat (08) est intervenue sur le rapport annuel sur la situation en matière d'égalité femmes-hommes et le Plan pluriannuel d'actions 2019-2021. 


intervention de joelle barat

 

Seul le prononcé fait foi

 

" Monsieur le Président,

 

Ce rapport comprend deux parties : le rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, document rendu obligatoire par la loi du 04 août 2014 et pour lequel nous prendrons acte. Lui fait suite la présentation du Plan Pluriannuel d’actions découlant de votre engagement lié à la signature de la Charte Européenne pour l’Egalité des Femmes et des Hommes dans la vie locale. Nous aurons à voter ce plan.

 

Ces deux documents sont toutefois liés et le rapport annuel fait état d’actions programmées dans le plan. Et c’est bien normal.

 

Quelques remarques sur le rapport : nous notons avec satisfaction un rééquilibrage entre les femmes et les hommes au niveau des postes de direction.

 

Par contre, nous regrettons que cet équilibrage ne s’opère pas dans tous les domaines.

 

Sur les temps partiels demandés à forte proportion par les femmes, il y a encore un gros travail à accomplir sur l’articulation vie professionnelle/vie privée.

 

De plus, ce travail à temps partiel est majoritairement effectué chez des agentes et agents de catégorie C. Nous savons les répercussions sur la retraite et la précarisation entraînée parfois par ce temps partiel, et là encore, ce sont les femmes, majoritairement, qui en subissent les conséquences.

 

Un autre point à déplorer est là sous-représentation des femmes dans les actions de formation. Il y a là aussi une réflexion à mener et des actions à mettre en place pour stimuler cette participation. Nous savons l’importance de la formation dans un objectif de développement personnel et professionnel harmonieux.

 

De même, nous observons que les maladies professionnelles touchent très majoritairement les femmes. Là aussi, du travail d’accompagnement, de formation est à développer. Peut-être une réflexion plus fine sur l’ergonomie dans les postes de travail.

 

Le rapport fait état de l’ouverture du prix mixité-égalité aux associations, entreprises, clubs, collectivités, bref au soutien d’actions collectives. C’est bien, mais nous regrettons toujours la baisse du prix mixité accordé aux apprenantes et aux apprenants.

 

Nous aurions aussi aimé avoir une vision plus précise du fonctionnement du groupe de références et référents, sur son animation, son rôle.

Maintenant, le plan pluriannuel.

 

Beaucoup de choses sont listées, des fiches actions élaborées. Nous notons que des formations vont être déployées. Nous attendons toujours une formation à destination des élus sur la culture de l’égalité. Nous savons l’importance du langage commun, de la lutte contre les stéréotypes, et pour cela la formation est essentielle. Nous avons bien noté une formation pour les élu.e.s, mais uniquement sur les violences sexistes.

 

Une fiche est également dédiée à la création d’une boîte à outils à destination des jeunes. Bien des outils existent déjà. Un travail de recensement avait été fait par la région Champagne Ardenne, en lien avec les différents acteurs, entre autre avec l’éducation nationale, et la diffusion pour utilisation avait été organisé. Là encore, un bilan a-t-il été fait des actions des anciennes régions dans ce domaine de l’égalité ?

 

Si globalement, ce plan va dans le bon sens et implique plusieurs directions, il apparait que certains freins à la mise en œuvre ne sont pas levés.

 

Tout d’abord, les moyens dédiés, humains et financiers ne sont pas au rendez-vous.

 

L’expérience montre que la conception et le suivi de la mise en œuvre d’un tel plan d’actions nécessite l’investissement d’au moins une personne à temps plein. Et plus la politique est ambitieuse, plus elle nécessite de moyens humains. Fondre l’égalité entre les femmes et les hommes dans la lutte contre toutes les discriminations, comme vous le faites, comporte un risque majeur, celui de la dilution de la politique égalité entre les femmes et les hommes.

 

L’expérience montre également qu’il est essentiel de disposer d’une ligne budgétaire propre, gérée par le service en charge de cette politique, qui permette de financer toutes les actions ayant l’égalité comme objet principal. Cette enveloppe dédiée permet de ne pas dépendre systématiquement des budgets et de la bonne volonté des différentes directions.

 

Monsieur le Président, nous regrettons que le conseiller régional en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Monsieur Cassaro ne siège pas au sein de l’exécutif. Cela représente pourtant un atout puissant. Nous savons combien les politiques d’égalité entre les femmes et les hommes sont confrontées à des freins culturels qu’il faut sans cesse repérer, lever. Cette politique interroge l’expérience personnelle de chacune et chacun : éducation reçue et donnée, situation vécue dans les sphères privées et professionnelles et un aiguillon est nécessaire…. Même et peut-être surtout au sein de l’exécutif

 

Monsieur le Président, cette politique demande du temps, vous en perdez, vous n’allez pas au bout de cette volonté affichée, vous n’actionnez pas tous les leviers qui permettraient de lever les freins dont je parle plus haut.

 

Dans l’attente des moyens dédiés permettant la mise en œuvre des actions proposées, nous nous abstiendrons sur ce plan ambitieux."

 

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