Budget Primitif : Jeunesse

Pernelle Richardot  (67) est intervenu sur le Budget Jeunesse. 


Intervention de Pernelle Richardot


Seul le prononcé fait foi 

 

" Bertrand Schwartz, en 1981, nous expliquait déjà l’importance et l’efficience de l’accompagnement global auprès des publics jeunes. C’est ainsi que sont nées les missions locales.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis mais ce constat est toujours aussi juste. Bien sûr, la jeunesse a changé, les pratiques ont évolué mais il reste toujours vrai que pour sécuriser le parcours d’un jeune, l’accompagner vers l’autonomie, il est nécessaire de l’aider à franchir tous les obstacles ; et ils peuvent être nombreux : logement, santé, formation, emploi, mobilité, etc.... C’est l’enjeu des politiques jeunesse. Les conseils régionaux sont devenus chefs de filât de ces politiques avec la loi « égalité citoyenneté » en 2017. Cela permet d’envisager l’accompagnement des jeunes en globalité et en partenariat. Mais force est de constater qu’il reste encore des trous dans la raquette dans ce budget 2020.

Nous avons la chance dans le Grand Est d’avoir hérité de politiques jeunesse innovantes des trois anciennes Régions mais pour autant nous relevons une certaine inertie, voire un recul. Nous aurions pu faire un bilan diagnostic des politiques des trois anciennes régions et construire ensemble, forts de ces expériences, avec les jeunes et les acteurs jeunesse une politique Grand Est en accord avec notre époque. Ce fut notre demande dès le début de mandat.
Cela aurait pu être la première pierre de la fondation du Grand Est. Mais ce n’est pas le choix que le Président Richert puis, vous, Président Rottner avez fait. C’est regrettable, surtout concernant un dossier prioritaire comme celui de la jeunesse.
En effet, comme le souligne le CESER, cette année encore, on constate une reconduction de l’ensemble des actions à budget constant. Cela peut être rassurant dans un contexte classique mais nous ne sommes pas dans un contexte classique. Comment l’ignorer ?
Comment ne pas être sourds aux cris de détresse des étudiants concernant leur précarité ?
Comment ne pas être sourds aux revendications d’une jeunesse toujours plus nombreuse qui sèche les cours pour le climat et s’inquiète pour son avenir ?
Comment ne pas être sourds au décrochage d’une jeunesse en manque de repères et de place ?

Notre jeunesse évolue, elle est multiple et nos politiques doivent l’être aussi, accessibles, souples, et sans cesse remises en question. Conscients de cela, et en complément de ce qui est fait en jeunesse et sur quoi nous sommes favorables nous voulons vous faire des propositions ou vous renouveler celles déjà faites :  

•    Nous vous demandons, comme l’an dernier, et en relais des conclusions du CESER, la création d’un fonds mobilité pour les moins de 30 ans en cours d’accompagnement renforcé vers la formation ou l’emploi.
•    Nous renouvelons le vœu de garder les 43 CIO ouverts hors des établissements scolaires afin qu’ils restent de véritables outils d’un service public d’orientation gratuit, de proximité, de conseil et d’accompagnement pour tous les publics, scolaires et déscolarisés.
•    Nous réitérons notre demande faite lors du DOB, d’abonder le fonds d’aide d’urgence étudiant géré par le CROUS à hauteur de 300 000€. La précarité étudiante n’étant plus à développer au vu des évènements tragiques de novembre dernier.
•    Première condition sine qua non d’un parcours de vie sécurisé, la santé se doit d’être un élément prioritaire de nos politiques de soutien à la jeunesse. Nous souhaitons qu’une réflexion soit engagée sur plus que de la prévention mais sur une réelle aide à l’acquisition d’une mutuelle. En effet seulement 66% des jeunes de 18 à 24 ans étaient couverts par une mutuelle en 2018.
•    Nous demandons aussi le rétablissement du pass contraception qui existait en Champagne Ardenne avec une aide permettant la lutte contre la précarité menstruelle. Avoir ses règles, cela coûte aux femmes en moyenne 675€ par an en protections hygiéniques…
•    Enfin, en complément du mois de l’autre et des initiatives « Lycées en transition », nous proposons la mise en place d’un mois du développement durable.  Notre jeunesse nous le dit par la voix de Greta Greta Thunberg et nous le demande à travers les manifestations des vendredis, ils veulent agir pour le climat, ils veulent préserver leur avenir, s’engager et sauver l’espèce humaine alors accompagnons les !

Voilà tout ce que nous aurions voulu trouver dans ce budget et qui n’y est pas. C’est pourquoi nous voterons contre."
 

 


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