Budget Primitif : Formation Professionnelle

Joëlle Barat (08) est intervenue sur le Budget de la Formation Professionnelle. 


Intervention de Joëlle Barat


Seul le prononcé fait foi 

 

"Monsieur le Président,


Vous avez fait le choix cette année de nous proposer un vote global formation professionnelle et Formations Sanitaires et Sociales. Dont acte mais nous le regrettons. Car comme l’a souligné le CESER, ces modifications récurrentes du système de présentation des axes des budgets rendent difficile le suivi de l’évolution des affectations budgétaires. 


Pour autant nous aborderons ces deux items l’un après l’autre.


Concernant la formation professionnelle, nous saluons votre volonté de former en adaptant les formations à l’évolution des besoins en compétences des entreprises ainsi que la mise en place et l’animation des Contrats d’Objectifs Territoriaux, même si, il reste encore beaucoup à faire dans leur installation et leur animation.
Dans ce budget, vous notez que malgré la reprise de l’activité économique, les opportunités transfrontalières et le nombre important de demandeurs d’emploi, bon nombre des besoins de main d’œuvre des entreprises restent non pourvus, faute de profils adéquats.


Nous pensons qu’une voie reste inexplorée : comprendre la manière dont les postes sont pourvus et renforcer la capacité de recrutement des entreprises.


L’axe transversal du CPRDFOP comporte 3 défis, ce quatrième, que je viens d’évoquer doit lui être ajouté.


Un rapport de France Stratégie précise que le niveau et la spécialité de formation ne sont pas toujours le premier critère de recrutement des entreprises. Avec d’importantes variations selon les métiers, les secteurs ou les territoires, ces entreprises tendent à privilégier l’expérience et la motivation comme indicateur de la capacité des candidats à satisfaire aux exigences d’un poste. Dès lors, les difficultés de recrutement ou les pénuries invoquées pourraient aussi trouver des réponses dans l’amélioration, en amont, de la gestion des ressources humaines. Pour les pouvoirs publics, il deviendrait possible de mieux cibler les réponses aux besoins en ressources humaines des entreprises, qu’ils relèvent de la formation initiale ou continue, de dispositifs d’emploi ou d’appui et d’accompagnement.


Notre rôle d’assemblier emploi formation serait encore renforcé si nous rentrons dans l’expérimentation de gouvernance de l’offre de formation de pôle emploi proposé par le gouvernement. Le lien avec le SRDEII, sur les aspects gestion des RH et gouvernance, que je viens d’évoquer,  est très important mais cela suppose que les différents acteurs, Région, Etat, service public de l’emploi, partenaires sociaux sortent d’une logique purement adéquationniste axée sur le tout formation. Un travail sur les représentations et les usages apparait nécessaire.
D’autre part, nous regrettons que le bilan du Fonds d’Intervention pour la Formation et l’Emploi, arrive après le vote du budget. Cette évaluation aurait pu permettre de réajuster les offres, d’affiner, modifier, si besoin, les critères d’accès.


Quant au budget des formations sanitaires et sociales, nous saluons votre volonté de continuer ce qui était fait dans certaines régions, celle d’aller au-delà de la compétence transférée en 2005, en vous engageant dans le soutien des projets immobiliers.


Nous aurions aimé avoir plus de précisions sur l’accompagnement des instituts de formation dans l’élaboration d’actions ou projets visant à améliorer la qualité des formations. Nous pensons que ces projets devraient se centrer sur des actions de prévention, d’éducation à la santé, en lien avec le plan santé que vous nous proposez.
Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de 10 ans, plongeant un peu plus chaque année, les étudiants dans la précarité. Ces conditions de vie ont de lourdes conséquences sur leur réussite. 46% des étudiant.e.s  doivent travaillent pendant leurs études. Et plus le fait de travailler devient une nécessité, plus les étudiants sacrifient leurs chances de réussite.

Conformément à la demande légale, vous avez aligné les barèmes des bourses sur ceux de l’enseignement supérieur, en élargissant les critères, bien.


Au regard de la précarité de plus en plus importante des étudiant.e.s, corrélée avec les besoins croissants de professionnels dans ces secteurs, nous vous proposons d’ ouvrir l’accès aux bourses à tous.te.s les apprenant.e.s de ce secteur  en retenant un seul critère: le critère de ressources, quelles qu’elles soient.


Certes, cela demande un budget important, mais relève d’un choix politique, répondant à une véritable urgence sociale.


Au-delà des ressources financières, la précarité étudiante s’évalue aussi à travers la santé, le logement, la qualité de vie au sens large. C’est pourquoi la question de l’hébergement doit aussi être accompagnée, entre autre pendant leurs périodes de stages. Il serait pertinent d’ouvrir les maisons d’accueil que vous proposez dans le plan santé à l’ensemble des apprenant.e.s du secteur médical, comme cela est proposé dans ce rapport, mais aussi des formations des secteurs sanitaire et social.


Au regard de ces éléments, Monsieur le Président, nous nous abstiendrons sur ce que budget."

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