Propos Liminaire

Pernelle Richardot (67) a introduit la Séance Plénière pour le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen.


Intervention de Pernelle Richardot


Seul le prononcé fait foi 

 

" Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Notre assemblée budgétaire se tient dans un contexte particulier : nous sommes un an après le début du mouvement des gilets jaunes … en plein mouvement social ...

 

Les attentes de nos concitoyens au niveau social, économique et environnemental sont fortes et nul ne peut les ignorer, ni ici, ni au niveau national.

 

Dans cette société qui a peur de l’avenir, tentée par le repli identitaire, dans cette société qui désigne l’autre comme la source de tous les maux, de ces souffrances sociales …. Le rôle des élus de la République est plus que jamais de fédérer, de rassembler, et non de diviser davantage encore le pays comme cela est fait depuis maintenant trop de semaines.

 

Aux sonnettes du « grand remplacement », je crois plutôt aux tentatives de « grand effacement » des revendications sociales, environnementales et économiques de notre peuple. Ceci n’a qu’un but : ne pas répondre à l’aspiration des français à un changement de cap indispensable.

 

Alors oui, c’est vrai, cette région est mal fagotée. Oui, c’est difficile. Mais le courage politique n’est pas de continuer de geindre, de céder comme certains à cette facilité – au nom d’une identité prétendument perdue ou d’un souverainisme mal placé ...

 

Le courage politique, c’est d’être à la hauteur de nos responsabilités de cette urgence sociale et environnementale et agir avec ténacité, ensemble, en cherchant à rassembler les territoires, en contractualisant avec eux comme vous semblez enfin vouloir le faire, nous qui le demandons depuis 2016.

 

Je crois profondément qu’en l’absence de volontarisme assumé de l’Etat, nous nous trouvons aux avants postes des défis qui traversent nos territoires, notre pays, et même l’Europe : climat, logements, transports, emploi, précarité.

 

Alors Monsieur le Président,

 

Comment ne pas répondre à la précarité étudiante qui pousse nos jeunes à des gestes désespérés ?

 

Comment ne pas agir résolument et engager un nouveau modèle de développement sobre, respectueux de l’environnement ? Et cela avant 2040 !

 

Comment ne pas anticiper les bouleversements industriels et les casses sociales et territoriales qui en découlent – en menant de véritables politiques transversales de formation, d’emplois et de développement économique ?

 

Le temps n’est pas au respect des 1,2 % du contrat de Cahors, le temps n’est pas à l’acceptation sans broncher des vraies-fausses promesses du Gouvernement dans des lois LOM non financées, des CPER amputés, des services publics fermés … le temps n’est pas non plus aux économies parce que la vérité, c’est que cela se fait toujours au détriment du bien vivre des habitants, avec moins de services, moins d’aides concrètes, moins d’infrastructure à venir.

 

Quel intérêt alors que les hommes et les femmes sont dans la difficulté, que l’injustice sociale et territoriale est forte, que des entreprises peinent à se développer, que les agriculteurs aimeraient réaliser leur transition écologique sans pour autant en avoir les moyens ?

 

Ce que nous vous reprochons, Monsieur le Président, (et nous développerons durant ces deux jours !) c’est parfois de faire comme si … comme si le Grand Est était en extra territorialité … déconnectés des problèmes du monde ...

 

Ce comme si, vous empêche … il vous empêche de réorienter des politiques, de réaffecter des enveloppes budgétaires, il vous empêche aussi parfois d’anticiper.

 

Anticiper, c’est répondre aux besoins, c’est aussi faire des choix clairs.

 

Anticiper pour la formation et l‘emploi, sans chercher à baisser les dépenses de fonctionnement sur le dos de la formation des chômeurs ;

 

Anticiper, c’est agir juste, c‘est investir pour lutter contre les inégalités et la paupérisation croissante de notre jeunesse, c’est aussi faire en sorte que les inégalités du système ne se reproduisent pas dans la transition énergétique : c’est remettre des hommes dans nos gares, porter l’ambition de relier les territoires et les citoyens entre eux. Par la mobilité certes, mais aussi par des solutions de proximité à toutes les étapes de la vie de nos concitoyens, par le maintien des services publiques dans nos campagnes, par l’équipement en infrastructures et l’aménagement de tous les territoires.

 

Mes chers collègues,

 

Je ne suis pas de celles et ceux qui pensent qu’il y a d’un côté, le camp des réalistes et de l’autre, le camp des progressistes.

 

Réalistes nous le sommes (et nous l’avons – depuis 2016 - démontrés à de nombreuses reprises). Progressistes bien sûr, absolument, nous l’incarnons au-delà d’une simple étiquette dont voudraient s’affubler certains. Mais il n’y a pas de réel progrès sans justice sociale !

 

Nous devons proposer des solutions concrètes, justes à nos concitoyens. La solution vient d’en bas, elle vient du terrain, de cette république des territoires que nous avons toujours portée.

 

En cette période de lessiveuse politique, de casse sociale et territoriale, je voudrais rappeler les paroles de Louis LARENG :

 

« Le progrès (disait-il) ne représente rien si l’homme ne peut en bénéficier ».

 

Je vous remercie."

 

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