Budget Primitif : Santé

Brigitte Vaisse (57) est intervenue sur le Budget Santé. 


Intervention de Brigitte Vaisse


 

 

Seul le prononcé fait foi 

 

Vous nous présentez une feuille de route qui arrive bien tardivement dans ce mandat alors que vous le réaffirmez-vous même, les questions de santé et d’accès aux soins sont une préoccupation majeure de tous nos concitoyens.

Mais que peuvent aujourd’hui les régions avec à un système de santé qui vit aujourd’hui une crise sans précédent et dont la majeure partie des solutions dépend de l’état qui se garde bien de remettre à plat ce système à bout de souffle et laisse aux acteurs locaux le soin d’inventer des traitements palliatifs, qui, s’ils ont le mérite d’apporter un peu de soulagement dans certains territoires, ne sont que des pis-aller face à l’ampleur du problème !

Aujourd’hui ce sont les régions elles-mêmes qui sont en concurrence sur cette question et le silence de l’état est assourdissant sur sa volonté de garantir un service public de santé, hospitalier et ambulatoire, sur l’ensemble du territoire national. On nous demande de traiter les symptômes sans jamais se poser la question de l’origine de la maladie! Aurons-nous un jour le courage de remettre en question par exemple, la liberté d’installation des médecins en France ?

Vous reprenez dans cette feuille de route les initiatives existantes dans les anciennes régions en découvrant tout à coup qu’il faut mettre de la transversalité, voire du dialogue entre tous les acteurs, y compris au sein même de l’institution régionale !

Tout ce que vous citez existait déjà :

Soutien aux MSPP, actions ciblées pour la santé des jeunes, nécessité de la Prévention en général mais qui semble se résumer pour vous au développement des activités physiques et sportives, la santé environnementale mais pas seulement la qualité de l’air ou de l’eau mais également la qualité des logements (savoir habiter certes mais dans une passoire thermique, on comprend que certains hésitent à aérer quand on a déjà du mal à se chauffer!)

Il y a des manques flagrants dans cette feuille de route et le Grand Est n’est ni la région la plus innovante ni la plus volontariste !

Rien n’est dit sur la santé au travail ou la santé mentale ...on connaît pourtant les conséquences des burn out et autres stress professionnels’ y compris dans leurs dimensions sociales.La santé mentale, qui ne peut être réduite à un acte technique dans les moments de crise, ne préoccupe le ministère que lorsqu’ un drame survient ...

On ne retrouve pas, concernant la santé des jeunes, des initiatives telle qu’elle celle qui existait en Champagne Ardennes sur le Pass Contraception.

Le soutien aux MSPP est nécessaire mais montre aussi ses limites et vous auriez pu innover en proposant le développement de centres de santé avec des médecins salariés en particulier dans les territoires les moins dotés en personnel soignant !

Il est permis de se poser des questions et de douter de l’avenir du service public hospitalier quand on lit votre proposition de développer de l’hôtellerie en amont et en aval d’une hospitalisation. C’est prendre encore plus le risque de fermeture de petits établissements hospitaliers périphériques et de ne répondre qu’à une logique de rentabilité alors qu’on serait en droit d’attendre que soient promus des parcours de soins où l’accueil et l’accompagnement du patient (ou peut être devrait-on dire du client !) ferait encore partie de la prise en charge du malade. Le patient aujourd’hui se résume à un acte technique, et l’attention qu’on lui porte au montant de la cotation de l’acte qu’il subit.

Vous vantez les coopérations transfrontalières. Certes il y a des progrès et des coopérations efficaces mais comment comptez- vous endiguer l’hémorragie de praticiens hospitaliers, d’infirmières et autres personnels paramédical constatées dans les zones frontalières de notre région ?

Nous nous félicitons que soient envisagé la création de structures mobiles qui iraient dans les zones déficitaires en offre de soin, en particulier pour l’ophtalmo et le dentaire mais pourquoi ne pas assujettir le soutien du CR à une MSPP à la mise en place d’un cabinet secondaire en cardiologie par exemple ou autre spécialité ? Il est plus facile de déplacer un médecin spécialiste pour une consultation que déplacer un grand nombre de patients.

Le déploiement de la télé médecine est prometteur bien que conditionné aux capacités de connexion des territoires. La télé médecine restera cependant un outil, performant pour les actes techniques mais limité dans la prise en charge globale des patients.

La région ne peut se contenter de colmater les trous dans le système sans interpeller fermement l’état sur ses intentions et sa stratégie. La feuille de route proposée est partielle et poursuit le travail initié dans les anciennes régions. On a le sentiment que vous restez dans ligne du gouvernement sans oser bousculer les cadres établis, en renforçant simplement les coopérations existantes. Nous nous abstiendrons donc sur ces orientations."

 

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