Propos Liminaire

Pernelle Richardot (67) a introduit la Séance Plénière pour le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen.


intervention de Pernelle Richardot


Seul le prononcé fait foi :

 

Le monde d’après …. nous oblige. Il nous oblige notamment à rappeler avec lucidité que quelques soient les victoires aux municipales comme les défaites ce ne sont que des trompes l’œil tant il ressort dans cette après COVID que notre démocratie est malade aujourd’hui.

 

La solution vient des territoires et notre pacte républicain doit trouver un nouveau souffle, à partir d’un constat clair.

 

Ce constat, c’est notamment celui de la disparition brutale ou l’éloignement aux services publics, véritable colonne vertébrale de notre République, qui s’est proportionnellement doublé d’un écart toujours plus grand entre les couches modestes et les plus riches de la population. 

 

Un effet ciseau qui a pris de l’ampleur avec une mondialisation vécue de façon accélérée sans garde-fou, sans limite, et un sentiment de déclassement qui est de plus en plus violent. Cet « en même temps », pour le coup bien réel, lui, a amené nombre de nos compatriotes à se détourner de la chose publique, considérant que nous (élus y compris élus locaux- c’est la nouveauté – nous ne pouvions rien pour eux !

 

Au mouvement des gilets jaunes, s’est additionnée d’autres mouvements et colères…et puis, une prise de conscience et donc une mobilisation citoyenne massive et inédite, pour le climat, pour le changement de notre modèle de développement.

 

Dos au mur, il n’y a qu’un chemin à reprendre : celui de la volonté politique abandonnée aux profits du tout comptable. De remettre la notion de « progrès » qui a disparu du vocabulaire politique, au cœur de ce volontarisme public et citoyen.

 

Depuis l’après COVID, au fond, de quoi parlons-nous ? De ce qui touche, de ce qui fonde, notre destin collectif, et plus précisément de l’organisation de l’Etat, de ses buts et de ses moyens ; de notre rapport à la démocratie qu’elle soit représentative ou directe. 

 

Sur le premier point, notre maturité démocratique et notre expérience de plus de 35 ans de décentralisation, devraient permettre à l’Etat, et surtout à celles et ceux qui le dirigent, de considérer que les territoires sont les mieux à même de décider, et donc de réaliser, ce qui est bon pour eux. 

 

La preuve par un chiffre : 70% de l’investissement public de ce pays est généré par les collectivités locales. Au fond, le bon sens voudrait que les collectivités locales s’occupent et gèrent la proximité, que l’Etat se concentre sur le régalien. Un partage des tâches efficace, gage de réactivité, qui permettrait de supprimer ces insupportables doublons administratifs qui freinent tant de projets… 

 

Alors Monsieur le Président,

 

Ce matin…dans cette intervention liminaire je voudrais rappeler ici ce qui pourrait nous rassembler …. non pas pour y jeter les bases d’alliances futures (je sens la presse toujours un peu prompte à tirer quelques conclusions hâtives) mais plutôt pour rappeler à chacun, qu’au-delà des slogans, des calculs d’appareils…nous pourrions -  à la sortie de cette crise - ……

 

Aller vers une véritable réforme fiscale, basée sur la justice qui doit demain plus favoriser l’emploi, les salariés, l’efficacité économique et non protéger l’épargne et les produits financiers. 

 

Porter, revendiquer un nouvel acte de décentralisation pour garantir une réponse plus rapide aux besoins, aux projets de nos territoires et des habitants. 

 

Exiger un renouveau démocratique en actes par la mise en place de jury citoyen ou de collectifs citoyens, je préfère ce terme, à chaque échelon, en lien constant avec la démocratie représentative, pour élaborer et évaluer les projets et les politiques publiques.

 

Et enfin, imaginer et soutenir un service public efficace et régénéré. Et peser collectivement pour que cette question, essentielle, ne soit plus seulement traitée depuis Paris à partir de lignes comptables. 

 

Il en va mes chers collègues (soyez en convaincus) de l’avenir même de nos territoires et de notre démocratie.

 

Je crois plus que jamais en cette République des territoires qui est une voie pour fortifier notre République une et indivisible. Elle nécessite d’en finir avec la recentralisation à l’œuvre depuis 2017 pour faire place à une véritable nouvelle décentralisation, pleinement assumée tant au niveau national que local. "

 

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